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 [Divers] Essai sur la dialectique éristique, par FNdV

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russo

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MessageSujet: [Divers] Essai sur la dialectique éristique, par FNdV   Jeu 6 Mai 2010 - 10:35

Ouvrage de François-Noël de Voltaire, Bibliothèque de la Coupole
Citation :




Essai sur la dialectique éristique

ou

Trois fois douze stratagèmes pour en finir avec la thèse de l'adversaire

Volume I

Par Francois Noel de Voltaire
Imprimé aux despens de l'auteur et se vend

A PARIS
A l'Académie Royale de France, Au palais,
Vis à vis la porte de l'Eglise de la Ste Chapelle
à l'image S. Loiiis.

Avec le privilège du Roy



Préambule

La dialectique traite des rapports entre deux estres rationnels dont les pensées s’accordent, mais qui dès qu’elles cessent de s’accorder comme deux horloges marquant la mesme heure, créent une controverse,un combat intellectuel. En tant qu’estres purement rationnels, les individus devraient pouvoir s’accorder. Le désaccord survient de la différence essentielle à leur individualité. La logique, science de la pensée, science des procédés de la raison pure, devroit a priori estre capable de pouvoir s’établir. La dialectique, en général, ne peut estre construite qu’a posteriori, à partir de la connaissance empirique des différences entre deux individualités rationnelles que doit souffrir la réflexion pure, et des moyens qu’utilisent ces individualités l’une contre l’autre pour montrer que leur pensée individuelle est pure et objective.

La dialectique éristique est l’art de la controverse, celle que l’on utilise pour avoir raison (per fas et nefas). On peut en toute objectivité avoir raison, et pourtant aux yeux des spectateurs, et parfois pour soi-mesme, avoir tort. En effet, si un adversaire réfute une preuve, et par là donne l’impression de réfuter une assertion, il peut pourtant exister d’autres preuves. Les rosles ont donc été inversés : l’adversaire a raison alors qu’il a objectivement tort. Ainsi, la véracité objective d’une phrase et sa validité pour le débatteur et l’auditeur sont deux choses différentes.

D’où vient ce comportement ? De la base mesme de la nature humaine. Sans celle-ci, l’homme serait foncièrement honorable et ne débattrait sans autre but que la recherche de la vérité, et nous serions indifférents, ou du moins n’accorderions qu’une importance secondaire quant au fait que cette vérité desserve les opinions par lesquelles nous avions commencé à discourir ou serve l’opinion de l’adversaire. Cependant, c’est ce dernier point qui nous est primordial. La vanité innée, particulièrement sensible à la puissance de l’intellect, ne souffre pas que notre position soit fausse et celle de l’adversaire correcte.

C’est donc de là que découle cette maxime que d’attaquer un contre argument quand bien mesme celui-ci nous paraist criant de vérité, en espérant que celle-ci n’est que superficielle et qu’au cours du débat un autre argument nous viendra qui pourra endommager la thèse adverse ou confirmer la validité de la notre : nous sommes ainsi comme presque forcés à estre de mauvaise foi, ou du moins fortement enclins à l’estre. La faiblesse de l’intellect et la perversion de la volonté se soutiennent mutuellement.

La pratique et la réflexion quant aux tactiques par lesquelles quelqu’un peut vaincre un adversaire, ou quant à celles que l’adversaire utilise, comptent pour beaucoup dans la maîtrise de cet art. Afin de bien mettre en œuvre la dialectique, il ne faut pas s’attarder sur la vérité objective (qui est l’affaire de la logique) mais simplement la regarder comme estant l’art d’avoir raison, ce qui est, comme nous l’avons vu, d’autant plus aisé que lorsque l’on est d’emblée dans le vrai. Cependant la dialectique en soi ne fait qu’apprendre comment se défendre de tout type d’attaque, et de mesme, comment il peut attaquer une thèse adverse sans se contredire. La découverte de la vérité objective doit être séparée de l’art de faire des phrases gagnant l’approbation.
Certains l’ont définie comme étant la logique des apparences, mais cette définition est fausse, sans quoi elle servirait qu’à réfuter des propositions fausses. Or, mesme quand quelqu’un a raison, il a besoin de la dialectique pour défendre et maintenir sa position. Il lui faut connaistre les stratagèmes malhonnestes afin de savoir comment leur faire face, voire mesme en faire usage lui-mesme afin de frapper son adversaire avec ses propres armes. Ainsi, dans la dialectique doit on écarter la vérité objective, ou plutest, ne la regarder que comme circonstance accidentelle, et ne chercher qu’à défendre sa position et réfuter celle de son adversaire.



Stratagème I - L’extension

Il s’agit de reprendre la thèse adverse en l’élargissant hors de ses limites, en lui donnant un sens aussi général et large que possible tout en maintenant les limites de ses propres positions aussi restreintes que possibles. Car plus une thèse est globale et plus il est facile de lui porter des attaques. Se défendre de cette stratégie consiste à formuler une proposition précise sur le puncti ou le status controversiæ.

Exemple :

Je dis : « Nostre bon Roy Levan est le plus fin stratège du Royaume. »
Mon adversaire tenta alors de donner une instance du contraire et répondit : « Il est bien connu que vostre Levan n'est qu'un piètre bretteur. »
Je réfutai l’attaque en lui rafraischissant la mémoire: « Les passes d'armes ne font pas partie de la stratégie qui est l'art de diriger et de coordonner les actions militaires. »
Mon adversaire le savoit probablement mais avoit tenté de généraliser mon propos afin d’y inclure d'autre analogies au combat et ainsi de me prendre en erreur sur ma thèse.
Inversement, il est possible de défendre ses positions en réduisant davantage les limites dans lesquelles elles s’appliquent initialement, pour peu que notre formulation nous y aide.

Stratagème II - La généralisation des arguments adverses

Il s’agit de prendre une proposition relative, et de la poser comme absolue ou du moins la prendre dans un contexte complètement différent et puis la réfuter. L’exemple d’Aristote est le suivant : le Maure est noir, mais ses dents sont blanches, il est donc noir et blanc en même temps. Il s’agit d’un exemple inventé dont le sophisme ne trompera personne. Il faut donc prendre un exemple réel.

Exemple :

Lors d’une discussion concernant la philosophie, j’ai admis que mon système soutenait les averroïstes et les louait. Peu après, la conversation dévia sur Aristote et j’ai maintenu que ses écrits étaient pour certains ridicules, ou du moins, qu’il y avait de nombreux passages où l’auteur écrivait des mots en laissant au lecteur le soin de deviner leur signification. Mon adversaire ne tenta pas de réfuter cette affirmation ad rem, mais se contenta de l’argumentum ad hominem en me disant que je faisais la louange des averroïstes alors que ceux-ci avaient également écrit de nombreuses bestises.
J’ai admis ce fait, mais pour le reprendre, j’ai dit que ce n’était pas en tant que philosophes et écrivains que je louais les averroïstes, c’est-à-dire de leurs réalisations dans le domaine de la théorie, mais en tant qu’hommes et pour leur conduite dans le domaine pratique, alors que dans le cas Aristote, nous parlions des ses théories. Ainsi ai-je paré l’attaque.

Les deux premiers stratagèmes sont apparentés : ils ont en commun le fait que l’on attaque quelque chose de différent que ce qui a été affirmé. Ce serait un ignoratio elenchi de se faire battre de telle façon. Dans tous les exemples que j’ai donné, ce que dit l’adversaire est vrai et il se tient c’est en opposition apparente et non réelle avec la thèse. Tout ce que nous avons à faire pour parer ce genre d’attaque est de nier la validité du
syllogisme, c’est-à-dire la conclusion qu’il tire, parce qu’il est en tort et nous sommes dans le vrai. Il s’agit donc d’une réfutation directe de la réfutation per negationem consequentiæ.

Il ne faut pas admettre les véritables prémisses car on peut alors deviner les conclusions. Il existe cependant deux façons de s’opposer à cette stratégie que nous verrons dans les sections III et IV.

Stratagème III - Cacher son jeu

Lorsque l’on désire tirer une conclusion, il ne faut pas que l’adversaire voie où l’on veut en venir, mais quand mesme lui faire admettre les prémisses un par un, l’air de rien, sans quoi l’adversaire tentera de s’y opposer par toutes sortes de chicanes. S’il est douteux que l’adversaire admette les prémisses, il faut établir des prémisses à ces prémisses, faire des pré-syllogismes et s’arranger pour les faire admettre, peu importe l’ordre. Vous cachez ainsi votre jeu jusqu’à ce que votre adversaire ait approuvé tout ce dont vous aviez besoin pour l’attaquer.

Exemple:

Je voulais faire apparaistre que la gestion de sa province par le Duc estoit désastreuse.
Je lui lançai: "Vous aurez surement constaté qu'il n'y a plus moyen de trouver du blé sur le marché?"
Il fust bien contraint d'admettre
J'enchainai : "Vous ne me direz tout de mesme pas que la dette du duché a cessé d'augmenter?"
Il fust bien contraint d'admettre
Je poursuivis: "Il ne vous aura pas échappé que trois de vos conseillers ont démissionné dernièrement?"
Il fust bien contraint d'admettre
Je conclus: "Et bien lorsqu'un Duc n'est plus capable de faire l'unité, qu'il endette sa province et affame le bon peuple de France, je pense qu'il seroit plus que temps qu'il lui présente sa démission"

Stratagème IV - Faux arguments

On peut, pour prouver une assertion dans le cas où l’adversaire refuse d’approuver de vrais arguments, soit parce qu’il n’en perçoit pas la véracité, soit parce qu’il devine où l’on veut en venir, utiliser des arguments que l’on sait estre faux. Dans ce cas, il faut prendre des arguments faux en eux-mesmes, mais vrais ad hominem, et argumenter avec la façon de penser de l’adversaire, c’est-à-dire ex concessis. Une conclusion vraie peut en effet découler de fausses prémisses, mais pas l’inverse. De mesme, on peut détourner les faux arguments de l’adversaire par de faux arguments qu’il pense estre vrais. Il faut utiliser son mode de pensée contre lui.

Ainsi, s’il est fidèle à la secte Spinoziste à laquelle nous n’appartenons pas, nous pouvons utiliser la doctrine de secte contre lui.



Stratagème V - Postuler ce qui n’a pas été prouvé

On fait une petitio principii en postulant ce qui n’a pas été prouvé, soit :

1. en utilisant un autre nom, par exemple « bonne réputation » au lieu de « honneur », « vertu » au lieu de « virginité »
2. en faisant une affirmation générale couvrant ce dont il est question dans le débat : par exemple maintenir l’incertitude de la médecine en postulant l’incertitude de toute la connaissance humaine
3. ou vice-versa, si deux choses découlent l’une de l’autre, et que l’une reste à prouver, on peut postuler l’autre
4. si une proposition générale reste à prouver, on peut amener l’adversaire à admettre chaque point particulier.

Stratagème VI - Atteindre le consensus par des questions

Si le débat est conduit de façon relativement stricte et formelle, et qu’il y a le désir d’arriver à un consensus clair, celuy qui formule une proposition et veut la prouver peut s’opposer à son adversaire en posant des questions, afin de démontrer la vérité par ses admissions. Cette méthode érothématique était particulièrement en usage chez les Anciens, et quelques stratagèmes développés plus loin y sont associés.

L’idée est de poser beaucoup de questions à large portée en mesme temps, comme pour cacher ce que l’on désire faire admettre. On soumet ensuite rapidement l’argument découlant de ces admissions : ceux qui ne sont pas vif d’esprit ne pourront pas suivre avec précision le débat et ne remarqueront pas les erreurs ou oublis de la démonstration.


Stratagème VII - Fascher l’adversaire

Provoquez la colère de votre adversaire : la colère voile le jugement et il perdra de vue où sont ses intérests. Il est possible de provoquer la colère de l’adversaire en estant injuste envers lui à plusieurs reprises, ou par des chicanes, et en estant généralement insolent.

Stratagème VIII - Prendre avantage de l’antithèse

Si vous vous rendez compte que votre adversaire respond par la négative à une question à laquelle vous avez besoin qu’il responde par la positive dans votre argumentation, interrogez-le sur l’opposé de votre thèse,
comme si c’était cela que vous vouliez luy faire approuver, ou donnez-luy le choix de choisir entre les deux afin qu’il ne sache pas à laquelle des deux propositions vous voulez qu’il adhère.



Stratagème IX - Généraliser ce qui porte sur des cas précis

Faites une induction et arrangez vous pour que votre adversaire concède des cas particuliers qui en découlent, sans luy dire la vérité générale que vous voulez luy faire admettre. Introduisez plus tard cette vérité comme un fait admis, et, sur le moment, il aura l’impression de l’avoir admise lui-mesme, et les auditeurs auront également cette impression car ils se souviendront des nombreuses questions sur les cas particuliers que vous aurez posé.


Stratagème X - Choisir des métaphores favorables

Si la conversation porte autour d’une conception générale qui ne porte pas de nom mais requiert une désignation métaphorique, il faut choisir une métaphore favorable à vostre thèse. Ainsi, par exemple, le nom du feu PARS (Parti de l'Action et de la Réforme de la Société) utilisé pour désigner l'un des plus grands partis de l'Hisoire politique françoyse fust manifestement choisis par les fondateurs de celuy-ci.
Le terme Cistercien fut choisi par le Cistercien, ainsi que le terme rebouteux par le rebouteux, mais nous, Aristotéliciens les appellons hérétiques.

On peut agir de mesme pour les termes ayant des définitions plus précises, par exemple, si votre adversaire propose une innovation, vous l’appellerez une « Nouveauté » car ce terme est péjoratif. Si vous estes celuy qui fait une proposition, ce sera l’inverse.
Dans le premier cas, vous vous référerez à votre adversaire comme étant « l’ordre établi », dans le second cas, comme « préjugé désuet ».
Ce qu’une personne impartiale appellerait « culte » ou « pratique de la religion » seroit désigné par un partisan comme « piété » ou « bénédiction divine » et par un adversaire comme « bigoterie ». Au final, il s’agit là d’un petitio principii : ce qui n’a pas été démontré est utilisé comme postulat pour en tirer un jugement.
Là où une personne parle de « mise aux arrests », une autre parlera de « mettre sous les verrous ». Un interlocuteur trahira ainsi souvent ses positions par les termes qu’il emploie. De tous les stratagèmes,
celuy-ci est d'insctinct le plus utilisé.
L’un parlera de « Zèle religieux » là où un autre parlera de « fanatisme ».Galanterie donneroit adultère, équivoque donneroit salace, « par l’influence et les connections » donneroit « par les pots-de-vin et le népotisme », etc.


Stratagème XI - Faire rejeter l’antithèse

Pour que nostre adversaire accepte une proposition, il faut également luy fournir la contre-proposition et luy donner le choix entre les deux, en accentuant tellement le contraste que, pour éviter une position paradoxale, il se ralliera à notre proposition qui est celle qui paraist le plus probable.

Par exemple, si vous voulez luy faire admettre qu’un garçon doit faire tout ce que son père lui dit de faire, posez lui la question : « Faut-il en toutes choses obéir ou bien désobéir à ses parents ? »

Stratagème XII - Clamer victoire malgré la défaite

Il est un piège effronté que vous pouvez poser contre votre adversaire : lorsque votre adversaire aura répondu à plusieurs questions, sans qu’aucune des réponses ne se soient montrées favorables quant à la conclusion que vous défendez, présentez quand mesme votre conclusion triomphalement comme si votre adversaire l’avait prouvée pour vous. Si votre adversaire est timide, ou stupide, et que vous vous montrez suffisamment audacieux et parlez suffisamment fort, cette astuce pourroit facilement réussir. Ce stratagème est apparenté au fallacia non causæ ut causæ.


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russo

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MessageSujet: Re: [Divers] Essai sur la dialectique éristique, par FNdV   Jeu 6 Mai 2010 - 20:33



Essai sur la dialectique éristique

ou

Trois fois douze stratagèmes pour en finir avec la thèse de l'adversaire

Volume II

Par Francois Noel de Voltaire
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Stratagème XIII - Utiliser des arguments absurdes

Si nous avons avancé une proposition paradoxale et que nous avons du mal à la prouver, nous pouvons proposer à notre adversaire une proposition qui paraist correcte mais dont la vérité n’est pas tout à fait palpable à première vue, comme si nous désirions nous servir de cette proposition comme preuve. Si l’adversaire rejette cette proposition par méfiance, nous proclamerons triomphalement l’avoir mené ad absurdum. Si en revanche il accepte la proposition, cela montre que nous étions raisonnablement dans le vrai et pouvons continuer dans cette voie. Nous pouvons aussi avoir recours au stratagème précédent et déclarer notre position paradoxale démontrée par la proposition qu’il a admise. Cela demande une impudence extresme mais de tels cas arrivent et il est des personnes qui procèdent ainsi d’instinct.

Stratagème XIV - Argument ad hominem

L’argumenta ad hominem ou ex concessis : lorsque nostre adversaire fait une proposition, il faut vérifier si celle-ci ne serait pas inconsistante – mesme si ce n’est qu’une apparence – avec d’autres propositions qu’il a faites ou admises, ou avec les principes de l’école ou de la secte à laquelle il appartient, ou avec les actions des membres de son culte, au pire avec ceux qui donnent l’impression d’avoir les mesmes opinions, mesme si c’est infondé.

Par exemple, s’il défend le suicide, on peut lui répondre : « Alors pourquoi ne te pends-tu pas ? » Ou encore, s’il soutient qu’il ne fait pas bon vivre à la Cour, on peut rétorquer : « Pourquoi ne prends-tu pas la première calèche pour la quitter»

Stratagème XV - Se défendre en coupant les cheveux en quatre

Si l’adversaire nous repousse en présentant des preuves contraires, il est souvent possible de se sauver en établissant une fine distinction à laquelle nous n’avions pas pensé auparavant. Ceci s’applique dans le cas de double sens ou double cas.

Stratagème XVI - Interrompre et détourner le débat

Si nous nous rendons compte que l’adversaire a entrepris une série d’arguments qui va mener à nostre défaite, il ne faut pas luy permettre d’arriver à conclusion mais l’interrompre au milieu de son argumentation, le distraire, et dévier ce sujet pour l’amener à d’autres. On peut utiliser un mutatio controversiæ (voir stratagème ).




Stratagème XVII - Généraliser plutôt que de débattre de détails

Si l’adversaire nous défie expressément de mettre à mal un point particulier de son argumentation mais que nous ne voyons pas grand-chose à y redire, nous devons tenter de généraliser le sujet puis de l’attaquer là dessus. Si on nous demande d’expliquer pourquoi on ne peut pas faire confiance à une certaine hypothèse physique, nous pouvons invoquer la faillibilité de la connaissance humaine en citant plusieurs exemples.

Stratagème XVIII - Tirer des conclusions

Lorsque nous avons postulé nos prémisses et que l’adversaire les a admises, il faut s’abstenir de luy demander de tirer lui-mesme conclusions et le faire soi-mesme immédiatement. Et mesme s’il manque une prémisse ou deux, nous pouvons faire comme si elles avaient été admises et annoncer la conclusion. Il s’agit d’une application du fallacia non causæ ut causæ.

Stratagème XIX - Respondre à de mauvais arguments par de mauvais arguments

Lorsque l’adversaire use d’un argument superficiel ou sophistique, et que nous voyons à travers, il est certes possible de le réfuter en exposant son caractère superficiel, mais il est préférable d’utiliser un contre argument tout aussi superficiel et sophistique. En effet, ce n’est pas de la vérité dont nous nous préoccupons mais de la victoire.

S’il utilise par exemple un argumentum ad hominem il suffit d’y répondre par un contre argumentum ad hominem. Il est en général plus court de procéder ainsi que de s’établir la vérité par une longue argumentation.

Stratagème XX - Petitio principii

Si notre adversaire veut que nous admettions quelque chose à partir duquel le point problématique du débat s’ensuit, il faut refuser en déclarant que l’adversaire fait un petitio principii. L’auditoire identifiera immédiatement tout argument similaire comme tel et privera l’adversaire de son meilleur argument.





Stratagème XXI - Forcer l’adversaire à l’exagération

La contradiction et la dispute incitent l’homme à l’exagération. Nous pouvons ainsi par la provocation inciter l’adversaire à aller au-delà des limites de son argumentation pour le réfuter et donner l’impression que nous avons réfuté l’argumentation elle mesme. De mesme, il faut faire attention à ne pas exagérer ses propres arguments sous l’effet de la contraction. L’adversaire cherchera souvent lui-même à exagérer nos arguments au-delà de leurs limites et il faut l’arrester immédiatement pour le ramener dans les limites établies : « Voilà ce que j’ai dit, et rien de plus. »

Stratagème XXII - Tirer de fausses conclusions

Il s’agit de prendre une proposition de l’adversaire et d’en déformer l’esprit pour en tirer de fausses propositions, absurdes et dangereuses que sa proposition initiale n’incluait pas : cela donne l’impression que sa proposition a donné naissance à d’austres qui sont incompatibles entre elles ou défient une vérité acceptée. Il s’agit d’une réfutation indirecte, une apagogie, qui est une autre application de fallacia non causæ ut causæ.

Stratagème XXIII - Trouver une exception

C’est ce qui s’appelle une instance, exemplum in contrarium, instantia. Par exemple, la phrase : « Tous les ruminants ont des cornes » est réfutée par la seule instance du chameau. L’instance s’applique là où une vérité fondamentale cherche à estre mise en application, mais que quelque chose est inséré dans la définition qui ne la rend pas universellement vraie. Il est cependant possible de se tromper et avant d’utiliser des instances, il faut vérifier :

1. si l’exemple est vrai, car il y a des cas dans lesquels l’unique exemple n’est pas vrai.
2. si l’exemple entre dans le domaine de conception de la vérité qui est établi par la proposition, car ça pourrait n’estre qu’apparent, et le sujet est de nature à estre réglé par des distinctions précises.
3. si l’exemple est réellement inconsistant avec la proposition, car là encore, ce n'est souvent qu’apparent.


Stratagème XXIV - Retourner un argument contre l’adversaire

Un coup brillant est le retorsio argumenti par lequel on retourne l’argument d’un adversaire contre lui. Si par exemple, celuy-ci dit : « Ce n’est qu’un enfant, il
faut estre indulgent. » le retorsio serait : « C’est justement parce que c’est un enfant qu’il faut le punir, ou il gardera de mauvaises habitudes. »

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MessageSujet: Re: [Divers] Essai sur la dialectique éristique, par FNdV   Jeu 6 Mai 2010 - 20:36



De l'art de la dialectique éristique

Ou

Douze stratagèmes pour en finir avec l'adversaire

Par Francois Noel de Voltaire

Volume III

Par Francois Noel de Voltaire
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Stratagème XXV - Convaincre le public et non l’adversaire

Il s’agit du genre de stratégie que l’on peut utiliser lors d’une discussion entre érudits en présence d’un public non instruit. Si vous n’avez pas d’argumentum ad rem, ni mesme d’ad hominem, vous pouvez en faire un ad auditores, une objection invalide, mais invalide seulement pour un expert. Vostre adversaire aura beau estre un expert, ceux qui composent le public n’en sont pas, et à leurs yeux, vous l’aurez battu, surtout si vostre objection le place sous un jour ridicule.
Les gens sont prests à rire et vous avez les rires à vos côtés.
Montrer que votre objection est invalide nécessitera une explication longue faisant référence à des branches de la science dont vous débattez et le public n’est pas spécialement disposé à l’écouter.

Exemple :


Stratagème XXVI - Faire diversion

Lorsque l’on se rend compte que l’on va estre battu, on peut faire une diversion.
Il s'agit de commencer à parler de quelque chose de complètement différent, comme si ça avait un rapport avec le débat et consistait un argument contre votre adversaire. Cela peut estre fait innocemment si cette diversion avait un lien avec le thema quæstionis, mais dans le cas où il n’y a pas innocence, c’est une stratégie effrontée pour attaquer votre adversaire.

Par exemple, j’ai loué le système chinois où la transmission des charges ne se faisoit pas entre nobles par hérédité, mais après un examen. Mon adversaire avoit soutenu que le droit de naissance plus que la capacité d’apprentissage rendait les gens capables d’occuper un poste. Nous avons débattu et il s’est trouvé dans une situation difficile. Il a fait diversion et déclaré que les Chinois de tout rang estoient punis par la bastonnade, et a fusionné ce fait avec leur habitude de boire du thé afin de s’en servir comme point de départ pour critiquer les Chinois. Le suivre dans cette voie aurait été se dépouiller d’une victoire déjà acquise.

Ce stratagème est inné et peut souvent se voir lors de disputes entre tout un chacun. Si l’une des parties fait un reproche personnel contre l’austre, cette dernière, au lieu de la réfuter, l’admet et reproche à son adversaire autre chose. Cependant, lors des débats, ce sont de pauvres expédients car le reproche demeure et ceux qui ont écouté le débat ne retiennent que le pire des deux camps. Ce stratagème ne devrait être utilisé que faute de mieux.

Stratagème XXVII - Argument d’autorité

L’argumentum ad verecundiam. Celuy-ci consiste à faire appel à une autorité plutost qu’à la raison, et d’utiliser une autorité approprié aux connaissances de l’adversaire.
Il est plus facile de débattre lorsqu’on a une autorité à ses costés que notre adversaire respecte. Plus ses capacités et connaissances sont limitées et plus le nombre d’autorités qui font impression sur luy est grand. Mais si ses capacités et connaissances sont d’un haut niveau, il y en aura peu, voire pratiquement pas. Peut-être reconnaîtra t-il l’autorité d’un professionnel versé dans une science, un art ou artisanat dont il ne connaît peu ou rien, mais il aura plus tendance à ne pas leur faire confiance. À l’inverse, les personnes ordinaires ont un profond respect pour les professionnels de tout bord.

Mais il y a beaucoup d’autorités qui ont le respect du vulgus sur tout type de sujet, donc si nous ne trouvons pas d’autorité appropriée, nous pouvons en utiliser une qui le paraist ou reprendre ce qu’à dit quelqu’un hors contexte. Les autorités que l’adversaire ne comprend pas sont généralement celles qui ont le plus d’impact. Les illettrés ont un certain respect pour les phrases grecques ou latines.

L'opinion générale peut également fait autorité. Ce que l’on appelle l’opinion générale est, somme toute, l’opinion de deux ou trois personnes et il est aisé de s’en convaincre lorsque l’on comprend comment l’opinion générale se développe.
C’est deux ou trois personnes qui formulent la première instance, l’acceptent et la développent ou la maintiennent et qui se sont persuadées de l’avoir suffisamment esprouvée. Puis quelques autres personnes, persuadées que ces premières personnes avaient les capacités nécessaires, ont également accepté ces opinions. Puis, là encore, acceptées par beaucoup d’autres dont la paresse a tost fait de convaincre qu’il valait mieux y croire plutôt que de fatiguer à éprouver eux-mêmes la théorie.
Et pourtant, on peut utiliser l’opinion générale dans un débat avec des personnes ordinaires.

Devant un tribunal, on ne débat qu’avec des autorités, celles de la loi, dont le jugement consiste à trouver quelle loi ou quelle autorité s’applique à l’affaire dont il est question. Il y a pourtant tout à fait place à user de la dialectique, car si l’affaire et la loi ne s’ajustent pas complètement, on peut les tordre jusqu’à ce qu’elles le paraissent, et vice versa.

Stratagème XXVIII - Je ne comprends rien de ce que vous me dites

Si on se retrouve dans une situation où on ne sait pas quoi rétorquer aux arguments de l’adversaire, on peut par une fine ironie, se déclarer incapable de porter un jugement : « Ce que vous me dites dépasse mes faibles capacités d’entendement : ça peut très bien estre correct, mais je ne comprends pas suffisamment et je m’abstiendrai donc de donner un avis. » En procédant ainsi, on insinue auprès de l’auditoire – auprès duquel votre réputation est établie – que votre adversaire dit des bestises.

On aura besoin d’avoir recours à cette tactique uniquement lorsqu’on est certain que l’audience est plus inclinée en notre faveur qu’envers l’adversaire. Un professeur pourroit par exemple s’en servir contre un élève. À proprement parler, ce stratagème appartient au stratagème précédent où l’on fait usage de sa propre autorité au lieu de chercher à raisonner, et d’une façon particulièrement malicieuse. La contre-attaque est de dire : « Toutes mes excuses, mais avec votre intelligence pénétrante il doit vous estre particulièrement aisé de pouvoir comprendre n’importe quoi, et c’est donc ma pauvre argumentation qui est en défaut. » et de continuer à lui graisser la patte jusqu’à ce qu’il nous comprenne nolens volens qu’il nous apparaist clair qu’il n’avait vraiment compris. Ainsi pare-t-on cette attaque : si l’adversaire insinue que nous disons des bestises, nous insinuons qu’il est un imbécile, le tout dans la politesse la plus exquise.


Stratagème XXIX - En théorie oui, en pratique non

« C’est peut-estre vrai en théorie, mais en pratique ça ne marche pas. »
Par ce sophisme, on admet les prémisses mais on nie les conséquences, et ce en contradiction avec la règle de logique a ratione ad rationatum valet consequentia. L’assertion est basée sur une impossibilité : ce qui est correct en théorie doit marcher en pratique, et si ça ne marche pas c’est qu’il a une erreur dans la théorie, quelque chose qui a été oublié, et que c’est donc la théorie qui est fausse.

Stratagème XXX - Accentuer la pression

Lorsque vous soulevez un point ou posez une question à laquelle l’adversaire ne donne pas de réponse directe, mais l’évite par une autre question, une réponse indirecte ou quelque chose qui n’a rien à voir, et de façon générale cherche à détourner le sujet, c’est un signe certain que vous avez touché un point faible, parfois sans mesme le savoir, et que vous l’avez en somme réduit au silence. Vous devez donc appuyer davantage sur ce point et ne pas laisser votre adversaire l’éviter, mesme si vous ne savez pas où réside exactement la faille.

Stratagème XXXI - Les intérests sont plus forts que la raison

Dès que ce stratagème peut estre utilisé, tous les autres perdent leur utilité : au lieu de tenter d’argumenter avec l’intellect de l’adversaire, nous pouvons appeler à ses intentions et ses motifs, et si lui et l’auditoire ont les mesmes intérests, ils se rallieront à notre opinion, quand bien mesme elle fut empruntée à un asile d’aliénés, car de manière générale, un poids d’intention pèse plus que cent de raison et d’intelligence. Ceci n’est bien entendu vrai que dans certaines circonstances. Si on arrive à faire sentir à l’adversaire que son opinion si elle s’avérait vraie porterait un préjudice notable à ses intérests, il la laisserait tomber comme une barre de fer chauffée prisepar inadvertance.
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Et de mesme si l’auditoire appartient à la mesme guilde, corporation, groupe social, etc. que nous, et pas notre adversaire : sa thèse ne devient plus correcte dès lors qu’elle porte atteinte aux intérests communs de ladite guilde, etc. et les auditeurs trouveront les arguments de notre adversaire faibles et abominables, peu importe leur qualité, tandis que les nestres seront jugés corrects et appropriés mesme s’il ne s’agissait que de vagues conjectures. Nous nous ferons applaudir par la foule tandis que l’adversaire devra honteusement quitter les lieux.
Ce stratagème pourrait s’appeler « toucher l’arbre par la racine » et porte le nom plus courant d’argumentum ab utili.

Stratagème XXXII - La colère est une faiblesse

Si l’adversaire se met particulièrement en colère lorsqu’on utilise un certain argument, il faut l’utiliser avec d’autant plus de zèle. Non seulement parce qu’il est bon de le mettre en colère, mais parce qu’on peut présumer avoir mis le doigt sur le point faible de son argumentation et qu’il est d’autant plus exposé que maintenant qu’il s’est trahi.

Stratagème XXXIII - Principe de l’association dégradante

Lorsque l’on est confronté à une assertion de l’adversaire, il y a une façon de l’écarter rapidement, ou du moins de jeter l’opprobre dessus en la plaçant dans une catégorie péjorative, mesme si l’association n’est qu’apparente ou très ténue. Par exemple que c’est du manichéisme, de l’idéalisme, de l'averroïsme,.... Nous acceptons du coup deux choses :

1. que l’assertion en question est apparentée ou contenue dans la catégorie citée : « Oh, j’ai déjà entendu ça ! » ;
2. que le système auquel on se réfère a déjà été complètement réfuté et ne contient pas un seul mot de vrai.


Stratagème XXXIV - Déconcerter l’adversaire par des paroles insensées

Nous pouvons stupéfier l’adversaire en utilisant des paroles insensées.
S’il est secrètement conscient de sa propre faiblesse et est habitué à entendre de nombreuses choses qu’il ne comprend pas mais fait semblant de les avoir comprises, on peut aisément l’impressionner en sortant des tirades à la formulation érudites, mais ne voulant rien dire du tout, ce qui le prive de l’ouïe, de la vue et de la pensée, ce sous-entend qu’il s’agit d’une preuve indiscutable de la véracité de notre thèse.

Stratagème XXXV - Une fausse démonstration signe la défaite

Lorsque l’adversaire a raison, mais a, par bonheur, utilisé une fausse démonstration, nous pouvons facilement la réfuter et déclamer ensuite avoir réfuté en mesme temps toute la théorie. Ce stratagème devroit être l’un des premiers à estre exposés car il est, somme toute, un argumentum ad hominem présenté comme un argumentum ad rem. Si lui ou l’auditoire n’a plus aucune démonstration valable à soumettre, nous avons alors triomphé.


Stratagème XXXVI - Soyez personnel, insultant, malpoli

Lorsque l’on se rend compte que l’adversaire nous est supérieur et nous oste toute raison, il faut alors devenir personnel, insultant, malpoli. Cela consiste à passer du sujet de la dispute (que l’on a perdue), au débateur lui-mesme en attaquant sa personne : on pourrait appeler ça un argumentum ad personam pour le distinguer de l’argumentum ad hominem, ce dernier passant de la discussion objective du sujet à l’attaque de l’adversaire en le confrontant à ses admissions ou à ses paroles par rapport à ce sujet. En devenant personnel, on abandonne le sujet lui-mesme pour attaquer la personne elle-mesme. C’est un appel des forces de l’intelligence dirigée à l’animalisme. C’est une stratégie très appréciée car tout le monde peut l’appliquer, et elle est donc particulièrement utilisée. On peut maintenant se demander quelle est la contre-attaque, car si on a recours à la mesme stratégie, on risque une bataille, un duel, voire un procès pour diffamation.

Ce seroit une erreur que de croire qu’il suffit de ne pas devenir personnel soi-mesme. Car montrer calmement à quelqu’un qu’il a tort et que ce qu’il dit et pense est incorrect. Pourquoi donc ? Parce que pour l’homme, rien n’est plus grand que de satisfaire sa vanité, et aucune blessure n’est plus douloureuse que celle qui y est infligée.
La satisfaction de cette vanité se développe principalement en se comparant aux autres sous tous aspects, mais essentiellement en comparant la puissance des intellects. La manière la plus effective et la plus puissante de se satisfaire se trouve dans les débats. D’où l’aigreur de celui qui est battu et son recours à l’arme ultime. Garder son sang-froid peut cependant estre salutaire : dès que l’adversaire passe aux attaques personnelles, on répond calmement qu'elles n'ont rien à voir avec l’objet du débat, on y ramène immédiatement la conversation, et on continue de lui montrer à quel point il a tort.

Le seul comportement sûr est donc de ne pas débattre avec la première personne que l’on rencontre, mais seulement avec des connaissances que vous savez posséder suffisamment d’intelligence pour ne pas se déshonorer en disant des absurdités, qui appellent à la raison et pas à une autorité, qui écoutent la raison et s’y plient, et enfin qui écoutent la vérité, reconnaissent avoir tort, même de la bouche d’un adversaire, et suffisamment justes pour supporter avoir eu tort si la vérité était dans l’autre camp.


Conclusion
On peut laisser le reste parler autant qu’ils veulent car desipere est juris gentium,il faut se souvenir de ce que disait : « la paix vaut encore mieux que la vérité », et de ce proverbe arabe : « Sur l’arbre du silence pendent les fruits de la paix. »
Le débat peut souvent estre mutuellement avantageux lorsqu’il est utilisé pour s’aiguiser l’esprit et corriger ses propres pensées pour éveiller de nouveaux points de vue. Mais les adversaires doivent alors être de force égales que ce soit en niveau d’éducation ou de force mentale : si l’un manque d’éducation, il ne comprendra pas ce que lui dit l’autre et ne sera pas au même niveau. S’il manque de force mentale, il s’aigrira et aura recours à des stratagèmes malhonnêtes, ou se montrera malpoli.
Entre le débat in colloquio privato sive familiari et le disputatio sollemnis publica, pro gradu,etc. il n’y a pas de différence significative sinon que le second requiert que le respondens ait toujours raison par rapport à l’opponens et qu’il est donc nécessaire qu’il saute les præses, ou qu’on argumente avec ce dernier de manière plus formelle et ses arguments seront plus volontiers parées de strictes conclusions.


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