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 [Vie Quotidienne] Les femmes au Moyen Âge

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russo

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MessageSujet: [Vie Quotidienne] Les femmes au Moyen Âge   Sam 6 Fév 2010 - 21:39

Les femmes au Moyen Âge



Que ce soit à travers le "jeu" de la courtoisie ou le mariage, la femme du Moyen-Âge demeure un objet. Investigatrice du péché originel, on soupçonne la femme de porter l'hérésie, de porter le maléfice, le poison. Le sexe féminin est considéré impétueux, incapable d'assouvissement et dévorant. Les chevaliers n'ont qu'un seul remède pour vaincre ces corrompues et corruptrices (Ève) : le mariage. En effet, ce dernier désarme totalement la femme en la rendant mère. Pour elle, une grossesse n'attend pas l'autre, et ce, avec le risque d'en mourir.

Les relations homme-femme

Les canons de la femme

À partir du XIIème siècle, la femme idéale doit être élancée, avec la taille mince, les jambes longues, la poitrine haute et petite (les gros seins sont bannis: les femmes qui ont une trop forte poitrine doivent la bander). Cette silhouette évolue ensuite pour prendre la forme incurvée d'un S: la tête légèrement inclinée vers l'avant, la poitrine effacée, le ventre et les hanches projetés vers l'avant.


Le mariage

Le modèle du mariage chrétien, basé sur une relation monogamique indissoluble, est une invention médiévale qui date du treizième siècle.
Il s'agit en théorie d'un mariage unique, avec consentement des deux personnes et sans possibilité de divorce. Cependant, la théorie fut bien souvent différente de la réalité. Ainsi, ce sont les familles (parents) qui unissent les enfants, et ce, dès l'âge de douze ans pour les femmes et de quatorze ans pour les hommes. Les jeunes couples se mariant sans le consentement des parents courent le risque d'être déshérités. Autant du côté des classes "inférieures" que du côté des classes "élevées", le choix des parents dicte les liens matrimoniaux.

Il faut cependant faire une distinction entre les différentes classes sociales, le mariage est un moyen de renforcer des alliances pour la noblesse, un moyen d'assurer et renforcer le capital pour la bourgeoisie, attitude que l’on retrouve également, mais dans une moindre mesure dans le bas-peuple.
Chez les classes 'élevées", le mariage des filles est un instrument d'alliance et d'implantation, si bien qu'il se négocie ou, pire, qu'il s'impose par le rapt, forçant ainsi la famille de la jeune femme à accepter l'union.
De plus, le mariage n'est pas si "indissoluble" en réalité qu'en théorie. Ainsi, il est fréquent que les hommes de noblesse aient des concubines donnant parfois naissance à ce que l'on appellera au onzième siècle des bâtards. Si l'épouse est incapable de donner naissance à un héritier, ces bâtards peuvent parfois hériter de leur père. L'épouse en question, stérile ou ne donnant naissance qu'à des filles, peut aussi être répudiée par son mari, ce dernier voulant s'assurer une descendance. C'est ce que fit notamment le roi Lothaire II en 855.


Le corps et la maternité

Si ne pas être en mesure d'avoir des enfants met l'avenir de son mariage en danger, en revanche, accoucher, au Moyen Âge, à cause du manque d'hygiène et du peu de moyens dont disposent les sages-femmes, est risqué. On n'autorise les césariennes que sur les femmes décédées, ce qui fait que bien des femmes meurent en couches. De plus, comme on ne peut déceler les grossesses très tôt, les femmes désirant l’avortement courent le risque de ne pas y survivre.
Le Moyen Âge peut donc se résumer par un taux de mortalité en couches assez élevé.


La prostitution

On dit souvent que la prostitution est le plus vieux métier du monde.
Que cette affirmation soit vraie ou non, il reste qu'au Moyen Âge, ce métier existe. D'ailleurs, pendant un certain temps l'Église contrôle la prostitution qui est chose légale. Cependant, il est interdit aux femmes mariées, aux religieuses et aux enfants de s'y livrer. De plus, les femmes doivent être de l'extérieur de la ville afin d'éviter l'inceste. Habituellement, les prostituées sont des servantes, des filles rejetées par leur famille après un viol ou une grossesse clandestine et celles qui n'ont pu se trouver du travail. On ne peut généraliser quant au traitement des prostituées au Moyen Âge, car la situation a varié d'un siècle à l'autre. Par contre, une chose est certaine, le XIème et le XIIIème siècle furent des époques où l'on fit beaucoup pour le relèvement des prostituées. L'Église considère alors ces femmes non comme des "filles perdues", mais comme des "brebis égarées". Elle les autorise à former une corporation avec tous les privilèges qui y sont attachés. Le pape Innocent III, dans une bulle de 1198, promet même la rémission des péchés aux hommes qui épouseraient une fille de joie...


Le viol

Mais la prostitution ne suffit pas, au Moyen Âge tout comme aujourd'hui, à contrôler les "menaces" pesant sur les jeunes filles et les femmes mariées. En effet, parmi les crimes commis au Moyen Âge, il y a le viol. La personne ayant commis un tel acte est punie, mais elle ne l'est pas toujours de la même manière. En effet, si la victime est une religieuse, une femme mariée ou une vierge, l'agresseur peut être pendu pour ce qu'il a fait. Cependant, s'il s'agit d'une femme d'une humble condition (une servante par exemple), il s'agit alors de verser à la victime ou à sa famille une indemnité. La punition est donc tributaire du statut social de la femme.


La vie professionnelle de la femme

Les femmes, au Moyen Âge, participent activement à la vie économique.
En ville, elles travaillent notamment dans le commerce, dans le secteur du textile et en alimentation. D'ailleurs, dans le petit commerce d'alimentation, les femmes sont majoritaires. Aussi, les industries qui apparaissent comme le prolongement d'activités domestiques leur sont plus ou moins réservées: la boulangerie, la fabrication de la bière (en Angleterre, les femmes ont le monopole de la bière et de l’industrie laitière).
En campagne, elles aident également leurs époux notamment en aidant à faire la moisson et la fenaison.

Lingères, bonnetières, couturières, tavernières, blanchisseuses sont donc des métiers que les femmes du Moyen Âge ont occupés, mais il ne faut pas pour autant croire qu'elles étaient considérées égales aux hommes. En effet, les salaires féminins sont, dès cette époque, très inférieurs à ceux des hommes; le travail à domicile, qu'aucune organisation professionnelle ne défend, accuse des rémunérations particulièrement basses, tant à la ville qu'à la campagne.



Femmes célèbres

Les femmes du Moyen Âge ont su se tailler une place dans le marché du travail, mais ont également su, dans certains cas, se tailler une place dans les écrits de nos manuels d'histoire. Parmi les femmes qui se distinguent au Moyen Âge, il y a:
Hildegarde de Bingen , auteur et compositeur (abbesse)
Margery Kempe, auteur
Aliénor d'Aquitaine, comtesse de Poitou, appelée "reine des troubadours", pivot de la civilisation courtoise du XIIème siècle et initiatrice des cours d'amour
Jeanne d'Arc, célèbre héroïne française canonisée en 1920
Anne Comnène, princesse byzantine qui se fait historienne du règne de son père, Alexis I.
Marie de France, écrivain francophone (XIIème siècle)
Dhuoda, écrivain qui laissa un livre d'éducation pour son fils (IXème siècle)
Christine de Pisan, écrivain italienne qui prend la défense des personnes de sexe féminin dans sa "Cité des Femmes", son "Trésor des Dames" et son "Épître au dieu Amour". Elle réclame notamment l'instruction pour les femmes: "Si la coutume était de mettre les petites filles à l'école et leur faire apprendre des sciences comme l'on fait aux garçons, elles apprendraient aussi bien et par aventure plus". Elle inaugure également le temps des protestations féminines.
Héloïse, élève d'Abélard qu'elle épousa secrètement. Séparée de lui, elle entre au couvent et devient abbesse. C'est alors qu'elle établit une correspondance avec Abélard, correspondance dont se dégagent à la fois la passion et la scolastique (enseignement théologique et philosophique).




Document de l'Université.
Etudiant : Lantillaise7
Maître : Guillaume_de_Jeneffe
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MessageSujet: Re: [Vie Quotidienne] Les femmes au Moyen Âge   Sam 1 Mai 2010 - 20:52

Carol31 a écrit:

CONDITION DE LA FEMME AU MOYEN AGE

La femme est considérée comme investigatrice du Pêché originel. Objet de l'hérésie soupçonnée de porter maléfices et poison.
Toujours inassouvie, incapable de maîtriser ses passions dévorantes

LE MARIAGE


Les relations amoureuses se partageaient en deux camps :
les serfs et autres paysans d'un côté, les nobles de l'autre. Les premiers, n'ayant ni pouvoir ni terres, pouvaient se permettre un sentiment amoureux, tandis que pour les derniers, le mariage n'était que l'expression d'intérêts politiques, militaires et économiques, bien loin des contingences amoureuses.

Pour l’Église, le couple doit être « consentant »

La cérémonie est ainsi sacralisée, bénie par un prêtre (mais il peut y avoir des exceptions).

Pour protéger la femme contre son mari, il est ordonné à celui-ci de lui constituer un douaire, un capital, dont le montant est fixé au tiers ou à la moitié de ses biens selon les régions.
Elles restaient propriétaires entières de leur douaire (ou dot)dont elles restaient totales gérantes, et repartaient avec leur billes en cas de divorce ou de veuvage (voir Aliénor d'Aquitaine....)

A la mort de la femme, le douaire revient aux enfants de son époux, même si elle est remariée.

La répudiation est interdite.

L'adultère est sérieusement condamné.

Le divorce n'est autorisé qu'en trois cas après une enquête de moralité effectuée par un prêtre et la consultation de témoins :
- la stérilité ou l'impuissance ;
- la consanguinité étendue au 7° degré de parenté ;
- l'ordination ultérieure de l'un des conjoints (de nombreuses femmes furent obligées d'entrer au couvent à une certaine époque. Charlemagne, pour former des alliances, n'hésita pas à utiliser ce procédé).

*En Écosse, la cérémonie peut se passer de la bénédiction d'un prêtre. Il suffit que les deux conjoints affirment devant témoins être mari et femme pour que le mariage soit effectif.


LES DROITS


Les femmes du petit peuple et les bourgeoises jouissent d'un assez grande liberté. Majeures à douze ans, elles sont libres de gérer leurs biens, de se marier et même de voter !
Bien des métiers leur sont accessibles y compris "barbier" (donc chirurgien). Il y a eu des femmes dans les corporation d'armuriers et chaudronniers…(Duby: histoire de la femme. Il y a 5 volumes suivant les différentes époques)

*Au XIVe siècle, la poétesse Christine de Pizan milite pour l'égalité des hommes et des femmes. Devenue veuve, pour faire face aux problèmes financiers, elle décide de faire un "métier d'homme" : écrivain !
Par contre : les premiers mouvements "anti-féministes" de la fin du Moyen-âge exclurent les femmes de certaines guildes.... (comme quoi cette si belle "Renaissance" ne l'a pas été pour tous et toutes!).


A savoir: il y a eu des fluctuations de ce statut au fil du temps et suivant les régions. La femme avait plus de droit dans le nord, dont les Flandres, Liège, Allemagne, qu' en Italie (encore influencée par le droit romain).

Les grossesses étaient la cause d'une mortalité féminine très importante, en raison des conditions d'hygiène déplorables.
Noble ou roturière, une femme dépassait rarement les 36 ans, alors que les hommes avaient une espérance de vie de 44 ans.
La femme enceinte, est très protégée. De par la Loi, elle peut déroger à une comparution devant un tribunal.
Lors d'une condamnation à mort, la sentence " ne sera mise à exécution " qu' après la naissance de l' enfant, car l'on ne donne pas la mort à celle qui doit donner la vie.

Pour la femme noble, il en va tout autrement.

Dans l'univers violent, agressif, essentiellement viril des châteaux, elle ne compte guère.
Son sort est lié à la terre, seule garantie du pouvoir. Ainsi est-elle une monnaie d'échange pour les seigneurs qui désirent accroître leurs biens et assurer une descendance.
Les fillettes sont promises parfois dès leur naissance à des hommes souvent bien plus âgées qu'elles.
Leur rôle est pourtant non négligeable puisqu'en l'absence de leur époux qui, lorsqu'il n'est pas en guerre, s'adonne à la chasse, c'est à elles de gérer et d'administrer leurs biens.



L'AMOUR COURTOIS


Une révolution arrive, au XIe siècle, avec l'amour courtois, qui permettra l'amour, en respectant des codes très précis, entre une femme et un homme. La chevalerie, la bravoure et l'abnégation sont les qualités principales de l'aristocrate amoureux. De son côté, la belle dame doit, malgré une certaine réserve, donner son âme et son cœur à son bien-aimé.

On ne se marie jamais au mois de mai. Lors des fêtes de mai, garçons et filles se réunissent pour chanter et danser dans les prés.
Pour célébrer le retour du printemps, les hommes et les femmes se courtisent librement.
Les jeunes gens élisent leur reine, une femme mariée, qui se choisit un partenaire autre que son " jaloux " de mari.
Dans les châteaux les liens du de la parenté sont renforcés. La femme règne en maîtresse sur le petit monde des chevaliers et des écuyers, célibataires.
On aime se distraire et les fêtes sont nombreuses: mariages, tournois, adoubements,...

Le prestige de la DAME, l'épouse du seigneur est considérable dans le coeur des guerriers. Elle cristallise leurs rêves, leurs désirs, leurs espoirs.
Le chevalier doit se montrer prêt à mourir héroïquement pour son amie, alors que celle-ci est censé le protéger par son amour et lui inspire vaillance et courage.
Mais l'union des coeurs devient le principe de toutes les vertus.
L'amour devient un art, une mystique, une exaltation de l'âme et une délicieuse souffrance.

* Au XIIe siècle, Aliénor d'Aquitaine crée des cours d'amour, on l'appellera alors la "reine des troubadours".


LES REGLES DE L'AMOUR COURTOIS

Le mariage ne doit pas empêcher d'aimer

Qui n'est pas jaloux ne peut aimer

On ne peut accorder son coeur à deux femmes à la fois

L'amour augmente ou diminue, il se renouvelle sans cesse

L'amant ne peut rien obtenir sans l'accord de sa dame

L'homme ne peut aimer qu'après la puberté

A la mort de son amant(e), un délai de deux ans est nécessaire avant de s'adonner à un nouvel amour

Personne ne doit être privé de l'être aimé sans la meilleure des raisons

On ne peut aimer sans y être incité par l'amour

Amoureux n'est pas avare

L'amant doit aimer une femme de condition supérieure à la sienne

Le parfait amant ne désire d'autres étreintes que celles de son amante

L'amour doit rester secret s'il veut durer

La conquête amoureuse doit être difficile : c'est ce qui donne son prix à l'amour

Le parfait amant pâlit en présence de sa dame

Quand un amant aperçoit l'objet de son amour, son coeur tressaille

Un nouvel amour chasse l'ancien

Seule la vertu rend digne d'être aimé

Lorsque l'amour diminue, puis disparaît, il est rare qu'il reprenne vigueur

L'amoureux vît dans la crainte

La jalousie fait croitre l'amour

Lorsqu'un amant soupçonne son amante, la jalousie et la passion augmentent

Tourmenté par l'amour, l'amant dort peu et mange moins

L'amant doit agir en pensant à sa dame

Le parfait amant n'aime que ce qu'il pense plaire à sa dame

L'amant ne saurait rien refuser à celle que son coeur a élue

L'amant n'est jamais rassasié des plaisirs que lui apporte sa dame

Le plus petit soupçon incite l'amant à soupçonner le pire chez sa bien-aimée

Amour ne rime pas avec luxure


Le véritable amant est obsédé sans relâche par l'image de celle qu'il aime
Rien n'empêche une femme d'être aimé par deux hommes et un homme d'être aimé par deux femmes

Épuré du réalisme de l'amour chevaleresque, la Fin'Amor répond à quelques critères.

L'amour est obligatoirement adultère.
Les mariages nobles n'étant pas une affaire de sentiments, la passion ne peut être trouvée qu'ailleurs.
L'échange des coeurs, la fidélité promise, n'engage alors plus les biens, mais les personnes.
L'amour exige le secret, pas seulement pour son caractère adultérin, mais aussi parce qu'il est une chose trop grave pour être divulgué.
La dame est toujours de condition supérieure à celle de son amant, un chevalier célibataire.
L'attitude de ce dernier, calquée sur le système féodal, doit être pleine d'humilité, de réserve et de soumission. Il est son " homme-lige ", son vassal, d'une loyauté et d'une fidélité sans faille.
En retour, la dame et l'amour ont le pouvoir d'inspirer au chevalier toutes les vertus, valeur morale et parfaite courtoisie.

[Croyance : seul l'amour peut mener l'homme à la perfection morale puisqu'il engendre et développe toutes les vertus.]
La dame est lointaine, inaccessible et nimbée de mysticisme.
Dans sa conquête amoureuse, le chevalier est confronté à des obstacles, des épreuves ; ce peuvent être : le mari jaloux, l'éloignement de la personne,... Il faut être prêt à mourir pour l'élue.
En retour, la dame accorde à son amant un baiser, une étreinte, ou la joie d'admirer sa nudité.

La chasteté est la fois l'épreuve et la récompense suprême : la petite cérémonie de l' assag (l'essai). Elle donne à la dame le moyen de vérifier dans qu'elle mesure son ami est capable de la respecter, alors que, couché à côté d'elle, il est dans une situation extrêmement tentatrice.

Tous les subterfuges érotiques sont autorisés, à condition de ne pas en venir au fait (baisers, étreintes, caresses).

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