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 [Noblesse] Livre sur la chevalerie & la noblesse

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russo

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MessageSujet: [Noblesse] Livre sur la chevalerie & la noblesse   Sam 6 Fév 2010 - 21:13

La condition chevaleresque et ses codes

Un chevalier doit suivre un code de conduite et respecter une éthique propre à la chevalerie sous peine de perdre son statut de chevalier.
Ces valeurs chevaleresques sont la loyauté, la courtoisie, l'honneur, la fierté, la bonne foi, la bravoure, la recherche de gloire et de renommée, l'obéissance à la hiérarchie et le respect de la parole donnée.

Le code de la chevalerie du temps des Croisades se résume en dix commandements, tout comme le décalogue de l'Église. Il a sûrement été le frein aux personnes qui, sans ce code, auraient été sauvages et indisciplinées.

I - Tu croiras à tout ce qu'enseigne l'Église et observeras tous ses commandements.
Cette première règle de la chevalerie est la plus importante de toute. Si on n'était pas chrétien, on ne pouvait devenir chevalier. Le chevalier devait croire en Dieu et avoir en lui plein confiance

II - Tu protégeras l'Église.
Cette règle est le cri d'armes du chevalier. Le chevalier devait servir et défendre l'Église.

III - Tu auras le respect de toutes les faiblesses et tu t'en constitueras le défenseur.
Le chevalier devait défendre tous les faibles aussi bien les prêtres que les femmes et les enfants.

IV - Tu aimeras le pays où tu es né.
Le chevalier devait aimer et protéger sa patrie.

V - Tu ne reculeras pas devant l'ennemi.
Le chevalier devait être une brave personne. Mieux valait être mort que d'être appelé couard

VI - Tu feras aux Infidèles une guerre sans trêve et sans merci.
Cette règle invitait les chevaliers à combattre et haïr les païens.

VII - Tu t'acquitteras exactement de tes devoirs féodaux, s'ils ne sont pas contraires à la loi de Dieu.
Le seigneur devait protéger son vassal qui lui en échange, était fidèle à son seigneur. Le chevalier devait aider son seigneur lorsqu'il avait besoin d'aide.

VIII - Tu ne mentiras point et seras fidèle à la parole donnée.
Le chevalier ne devait en aucun cas mentir et le respect de la parole donnée allait aussi avec la franchise

IX - Tu seras libéral et feras largesse à tous.
Le chevalier devait être courtois et sage pour tous. Il devait être aussi généreux.

X - Tu seras, partout et toujours, le champion du Droit et du Bien contre l'injustice et le Mal.
Le chevalier devait se faire le défenseur du Bien et le combattant du Mal. Satan est l'ennemi du chevalier


Les vertus chevaleresques :

Loyauté : Le chevalier devait toujours être loyal envers ses compagnons d'armes. Que ce soit pour la chasse ou pour traquer un ennemi, le chevalier doit être présent au combat jusqu'à la fin avec ses compagnons, prêt à les aider en tout temps avec vaillance. Par loyauté, il ne peut donc pas y avoir de mensonges entre le Maitre et le chevalier, le Maitre devant savoir tout ce qui concerne ses chevaliers, dont il a la charge, et c'est au Maitre que revient le droit de récompenser et de punir.
Et de meme que la protection des faibles, le chevalier se doit de défendre l'Eglise qui, étant l'ordre qui prie, n'est ainsi donc pas formé a se défendre.
Défendre son ordre est de mme essentiel, puisque cet ordre devient une famille pour le chevalier, dont il n'est qu'un membre, et doit donc s'assurer du maintient de cet ordre, contre tous les dangers.

Prouesse : Le chevalier devait être preux et posséder une grande vigueur musculaire. La force de l'âme était aussi très importante afin de combattre les redoutables adversaires qu'il rencontrerait lors de ses quêtes. Il devait les combattre pour le service de la justice et non par vengeance personnelle.


Sagesse et Mesure : Le chevalier devait être sage et sensé afin d'empêcher la chevalerie de basculé dans la sauvagerie et le désordre. Le chevalier devait avoir le contrôle sur sa colère, sa haine. Il devait rester maître de lui-même en tout temps. La haine de l'ennemi ne doit ainsi jamais habiter le chevalier, qui doit toujours combattre selon son serment de protection des faibles. Un ennemi vaincu qui se repent sincèrement est un ennemi de coeur aussi noble que le chevalier, qui sait reconnaitre sa défaite.
En revanche, si un ennemi promet le repentir et se parjure, cela devient le plus grand ennemi du chevalier, et celui-ci doit tout mettre en oeuvre pour le trouver et le punir du seul chatiment possible : la mort, vengeant ainsi l'honneur qu'il a bafoué.
Les échecs étaient donc de mise pour le chevalier afin d'exercer l'agilité intellectuelle et la réflexion calme.

Largesse et Courtoisie : Un noble chevalier devait partager autant de richesses qu'il possédait avec amis et paysans sous son aile. Lorsqu'il se rendait à la cour, il devait faire preuve de courtoisie. Il s'efforçait de se faire aimer par sa dame en étalant devant elle toutes ses prouesses. Il devait aussi la servir fidèlement. La noblesse purifiait en quelque sorte l'âme du chevalier.

Justice : Le chevalier doit toujours choisir le droit chemin sans être encombré par des intérêts personnels. La justice par l'épée peut être horrible alors l'humilité et la pitié doivent tempérer la justice du chevalier.

Défense : Un chevalier se doit de défendre son seigneur et ceux qui dépendent de
lui. Il doit toujours défendre sa nation, sa famille et ceux en qui il croit fermement et loyalement.

Courage : Un chevalier se doit de choisir le chemin le plus difficile et non le chemin guidé par ses intérêts personnels. Il doit être prêt à faire des sacrifices. Il doit être à la recherche de l'ultime vérité et de la justice adoucie par la pitié.

Foi : Un noble chevalier doit avoir foi en ses croyances et ses origines afin de garder l'espoir.

Humilité : Le chevalier ne doit pas se vanter de ses exploits, mais plutôt laisser les autres le faire pour lui. Il doit raconter les exploits des autres avant les siennes afin de leur donner le renom dont il mérite.

Franchise : Le chevalier devait parler le plus sincèrement possible


Document de l'Université.
Etudiants : Mahefik, KurtWagner, Lanfeust
Maître : Guillaume_de_Jeneffe, FrèreNico.
Source : ?


Dernière édition par russo le Sam 27 Fév 2010 - 17:06, édité 1 fois
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russo

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MessageSujet: Re: [Noblesse] Livre sur la chevalerie & la noblesse   Sam 6 Fév 2010 - 21:13

Les tournois

Introduction

Un tournoi n'est pas uniquement l'occasion de montrer sa prouesse. C'est un exercice de lustre social inégalé, permettant d'étaler son honneur, sa bravoure et son adresse. Ces évènements sont également une arène politique, encourageant souvent la compréhension entre régions et permettant aux participants de résoudre leurs différends sans carnage.
Une partie de plaisir se trouve aussi dans les festins, les amusementset l'interaction entre les participants et les Dames.

La mise sur pied d'un tournoi est une entreprise élaborée, nécessitant une planification et beaucoup de temps, un esprit réfléchi et des finances.

Origine
On fixe communément l'origine des tournois au XIe siècle, et l'on cite quelques gentilshommes qui en auraient été les inventeurs : l'un d'entre eux serait Geoffroi de Preuilly, mort en 1066. Sans doute les tournois ont-ils dû atteindre, sous l'influence de l'institution de la chevalerie, à un degré de splendeur qui a pu paraître leur donner une origine nouvelle : cependant, il fut reconnaître que, presque de tout temps, chez toutes les nations belliqueuses, l'élite des guerriers s'est exercée, par des combats simulés, au métier des armes, et en France même on trouve des traces de jeux de ce genre avant les Xe et XIe siècles.

Taille et Calendrier
L'organisateur doit d'abord décider du nombre de participants qu'il désire inviter. Si tous les tournois présentent à la base les mêmes attractions, le nombre de participants et de spectateurs fait la
différence.

Coûts
La préparation du site, les fournitures, le festin et les constructions différents de la taille du tournoi au niveau du coût.

- Le plus petit tournoi digne de ce nom est le "Tournoi de Voisinage". Les concurrents peuvent aller jusqu'à 100 personnes venants des terres voisines de l'hôte. Le public peut compter jusqu'à 850
personnes. Le tournoi dure de 4 à 9 jours.

- Le deuxiéme rang d'importance de tournoi, et le plus courant, est le "Tournoi Local". De 500 à 1000 combattants s'affrontent, la majorité d'entre-eux provenant du comté ou du duché de l'hôte et un peu moins des comtés ou duchés voisins. On dénombre jusqu'à 8500 spectateurs. Les festivités durent 18 jours.

- Le "Tournoi Régional" rassemble des participants venus de loin, la seule limite de distance étant donnée par la capacité qu'à l'hôte de promouvoir l'évènement. Les participants sont au nombre de 1000 à 2500, tandis que jusqu'à 23000 personnes sont rassemblées comme spectateurs. L'affrontement dure 30 jours.

- Quant aux Tournois Royaux, seul le Haut Roy peut les organiser régulièrement. Rassemblant 2500 à 5000 participants de tout le pays, tandis que l'assistance peut compter jusqu'à 43000.

Citation :
"...Il n'est pas préparé à la bataille celui qui n'a jamais vu son propre sang, qui n'a jamais entendu ses dents grincer sous le coup d'un adversaire ou qui n'a jamais senti sur lui le poids de son ennemi..."
Roger de Rovedon

La taille du tournoi étant décidée, l'hôte doit planifier sa date sagement, l'incluant à l'avance dans le calendrier social du royaume, de sorte que les dates n'entrent pas en conflit avec d'autres tournois,
à moins bien entendu que la personne ne veuille délibérément nuire à un autre organisateur.

Annonce du tournoi
Pour assurer le succès du tournoi, il convient de l'annoncer aussi largement que possible. L'hôte prévoyant d'organiser un tournoi doit s'assurer que les gens sont informés de l'affrontement à venir. C'est la tâche du héraut. La plupart des organisateurs ont plusieurs hérauts à leur service, et s'ils parviennent à transmettre le message à tout un réseau de connaissances, ils sont rarements en nombre suffisant.
Lors de l'annonce d'un tournoi, les hérauts doivent annoncer toute règle particulière valable pour la compétition, par exemple si le tournoi comprendra une mélée entre une équipe de combattants locaux et une équipe ouverte aux autres. Ces règles sont toujours déterminées par l'hôte du lieu et varie d'un tournoi à l'autre.

Certains invités envoient des réponses dans lesquelles ils s'engagent à venir, mais la plupart des concurrents arrivent simplement à la date du début.

Autres préparatifs
Du personnel doit éventuellement être embauché: maîtres queux, bardes, amuseurs, acrobates, conteurs, etc. Le site doit être préparé.
Les tournois se déroulent en un lieu nommé Lice, entouré d'une solide barrière. Une barrière plus élevée est dressée autour, elle délimite l'espace réservé à l'équipement et aux écuyers.

Les représentants de l'hôte
Afin d'être bien représenté à son propre tournoi, l'hôte doit choisir un Héraut d'Armes ainsi qu'au moins deux personne qui joueront le rôle de Juges Diseurs et de Poursuivants d'Armes.

Le Héraut d'Armes remplit une fonction essentielle pour la réussite du tournoi et doit posséder de solides compétences administratives ainsi que la faculté d'imposer le respect à tous les participants.


Cérémonie d'ouverture
Les nombreux concurrents arrive peu à peu au cours des jours précédant l'évènement. Le temps n'est pas au repos: les préparatifs sont finalisés, les chevaux ferrés de neuf, les armures déchargées, les armes émousées en vue de l'épreuve.

Grande Parade de Présentation
Avant d'en venir aux coups, il est bon qu'un concurrent connaisse la nature de ses adversaires. La grande parade de présentation donne à tous les participants l'occasion de relater leur passé et ses faits d'armes. Au début de la journée, les spectateurs se rassemblent sous les pavillon et attendent la procession. La colonne s'avance, précédée de hérauts et flanquée de ménestrels, les participants chevauchent fièrement de front. Les hérauts de chaque concurrents rivalisent alors d'éloges pour convaincre la foule des vertus de leur maître.

Le Tour des Heaumes
Au matin du jour d'ouverture, l'hôte doit prévoir un tour des heaumes. Chaque participant doit montrer son heaume et son cimier.
L'hôte désigne des juges pour examiner chaque concurrent, qui s'assurent que seuls les hommes dignes d'être admis seront acceptés dans les lices. Si des participants présents ont transgressé les règles du tournoi, l'hôte doit les expulser afin de ne pas ternir la réputation de l'évènement et ne point offense ses invités.

Les Dames choisissent le participant le plus impressionnant, basant leur décision en premier lieu sur l'apparence des candidats et sur leur réputation.

Le participant choisi aura pour tâche de couper les cordes afin de signaler le début de la mélée.

Le festin de bienvenue
La soirée du jour d'ouverture se clôture par un grand banquet. la plupart des invités se rappellent très clairement cette partie du tournoi et c'est souvent l'aune à laquelle ils jugent l'hospitalité de
l'hôte.

La Parade des Prix
Vers la fin du banquet de bienvenue, le héraut d'Armes de l'hôte doit introduire la parade des prix:
"Voyez de présent la grande générosité de mon maître, en ces trophées et récompenses. Ceux qui triomphent sur le champ clos repartiront d'ici enrichis de gloire et d'or".

Les prix doivent être soigneusement choisis, pour forcer l'admiration de l'assemblée. L'hôte doit offrir des prix convenables pour la joute, la mélée et les défis, ainsi que pour tout concours secondaire du tournoi. Il est sage de prévoir des prix d'une valeur suffissante pour attirer les participants, sans quoi la réputation de l'hôte peut en souffrir.

La meilleure race de cheval disponible peut par exemple constituer un prix convenable pour une joute.
Pour la mêlée, une arme de qualité supérieur, valant deux fois son prix normal, rehaussée de joyaux et décorée, serait appropriée. Celui qui remportera le plus de défis pourra recevoir une oeuvre d'art, un calice, une broche ou une tapisserie.

Au Cours du Tournoi
Les jeux commencent le lendemain. Chaque jour, les candidats joutent dans les tours préliminaires, se préparent pour la mélée et lancent des défis. De plus en plus de spectateurs se pressent, alors
que le nombre de jouteurs décroît et que le jour de la grande mélée approche.

Festins et réjouissances animent les soirées; danses, musique et autres diverstissements. Les participants visitent le marché, s'assoient sur les douces pelouses ensoleillées et regardent les
joutes, quand ils ne sont pas occupés à préparer leurs propres armes et armures.

1) Le lieu
• dans les villes, sur la place du marché.
• dans la campagne, lorsque le déploiement d'hommes et de matériel requière un espace plus étendu.

2) Parrainage
• l'évènement se plaçait sous l'égide de personnages de haut rang, généralement le souverain du lieu.

3) L'emplacement des combats armés
• l'esplanade où les champions devaient se mesurer était entourée de lices, c'est-à-dire de barrières de bois, flanquées d'une tribune destinée aux spectateurs.
• les dimensions étaient inférieures à cent mètres, de façon à rechercher le corps à corps. De plus, le fait de lancer les chevaux au galop sur des distances plus courtes atténue la violence du choc au
moment du contact.

4) Les mouvements des combattants à cheval
• les mouvements des combattants pouvaient s'exercer librement, mais le terrain délimité par les lices est divisé dans le sens de la longueur, par une barrière de bois tendue de drap. Sa hauteur atteignait celle de l'épaule des chevaux, soit cinq à six pieds. Par cette façon de jouter "à la toile", la cloison médiane empêchait les chevaux de se télescoper, en obligeant les cavaliers à s'aborder de flanc et non de front.


5) La durée des combats
• peut être déterminée par le nombre par le nombre de coup qu'il était convenu d'échanger, les critères quantitatifs allant de 4 "courses" de lances à 25, et même à volonté, c'est-à-dire jusqu'à qu'un des deux jouteurs soit désarçonné ou blessé. Si la rencontre consistait à se battre à la lance, puis à l'épée, le nombre était toujours bien défini pour l'une des deux armes : par exemple, la lance à volonté et 27 coups d'épée, ou un coup de lance et l'épée à volonté.
• peut être déterminée par le nombre d'atteintes. Il consistait à fixer le quota de lances rompues par combat et à attribuer la victoire au cavalier qui, le premier, réalisait cette norme. Le bois de la lance
devait être cassé net, en une ou plusieurs places, entre le fer et l'endroit où le fût reposait sur l'arrêt de cuirasse.
• peut être déterminée par une composante temps mesurée au sablier, comme rompre le plus de lances possibles en une demi-heure par exemple.

6) Les modalités de victoire
• la chute ou l'abandon d'un des champions.
• la simple perte de son arme.


Cérémonie de clôture
Une fois la sueur et le sang séchés, la poussières retombée et le fracas du fer sur le fer éteint, les récompenses doivent être à la hauteur des efforts consentis. Quand les vainqueurs ont été proclamés et les prix distribués, tous se retirent alors à la grande salle. C'est la que le banquet d'adieu est tenu. C'est la toute dernière nuit de fête et de divertissment avant le retour chez soi.

Le lendemain les participants comme les spectateurs se préparent, disent au revoir à leurs amis.

Pour l'hôte oragnisant l'évènement, la fin est encore loin. Il devra consacrer plusieurs semaines à remettre ses terres en état.

Autres types de "tournois"
- le pas d'armes, qui simulait des attaques et des défenses de défilés, de gués ou de ponts
- les combats à la barrière, qui apprenaient les difficultés à vaincre aux approches et aux barrières d'une place
-les castilles (ce mot, en langage vulgaire, signifie encore aujourd'hui une querelle, un différend), qui étaient des imitations de l'assaut des tours et remparts
-les joutes dans les mines, qui représentaient les ruses usitées dansles sièges. Mais ces derniers exercices étaient plus rares, et exigeaient des emplacements et des préparatifs particuliers.

Références : GAIER Claude, «Technique des combats singuliers d'après les auteurs "bourguignons" du XVe siècle », Le Moyen Age, t. XCI, fasc. 3-4, 1985, p. 430-447.

Document de l'Université
Etudiants: Contearthos, Hubert, Rekkared
Maître : Guillaume_de_Jeneffe, Egmont


Dernière édition par russo le Sam 27 Fév 2010 - 17:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Noblesse] Livre sur la chevalerie & la noblesse   Sam 6 Fév 2010 - 21:14

La hiérarchie titulaire au Moyen Âge

Par ordre d'importance:

Prince (règne sur une principauté) : A distinguer du prince fils du roi. Ce titre est cependant extrêmement rare, si pas inconnu, hors de l’Empire qui institue les Princes d’Empire (comme l’évêque de Liège) vers 1180.

Duc (règne sur un Duché) : Initialement le dux (=conducteur) était un des plus importants chef de l’armée.

Marquis (règne sur un marquisat ou une marche, initialement territoire contrôlant une frontière) : Initialement le marquis (ou mark graf : comte de la marche) peut, contrairement au duc et a fortiori au comte, convoquer la levée d'une armée sans en référer au roi ou à l'empereur. Pourquoi? Parce que la marche sur laquelle il règne est un territoire frontière et qu'il doit donc pouvoir lever son armée sans délai. Imaginez un comte de la marche d'Espagne envoyer un messager à Paris pour avoir l'autorisation de lever une armée contre une invasion musulmane...

Comte (règne sur un Comté) : Il tire son nom du comes (=compagnon), proche du roi qui lui conférait différents honneurs et présents

Vicomte

Vidame : Aux XIIe-XIIIe siècles, le seigneur chargé de la défense des biens temporels d'un
évêché ou d'une abbaye, charge donnée à de hauts barons. En outre le Vidame devait conduire à l'ost les troupes de l'évêché et protéger la maison épiscopale après la mort de l'évêque. A partir du XVe siècle, son rôle se réduit à l'accroissement du pouvoir royal et communal.

Baron (règne sur une Baronnie) : A l'origine chez les Francs, fonctionnaire royal au-dessous du comte chargé de percevoir les amendes.

Chevalier : Il existe les «chevaliers bannerets » possédant assez de biens pour lever une
bannière, c'est-à-dire grouper sous son autorité plusieurs chevaliers. Leur prestige était donc supérieur à celui des « simples » chevaliers.

Ecuyer : Stade précédant l’adoubement, l’écuyer était initialement chargé de l’aide au
chevalier. Mais avec le temps ce titre va se séparer de la chevalerie pour être porté dans certains cas toute une vie durant, et cela par des hommes de valeur. Il est vraisemblable de croire que les dépenses liées au statut de chevalier ont décourager certains combattants de franchir le pas.

Page : Jeune homme hébergé par un seigneur, au sens large de la définition, afin d’en apprendre les bonnes mœurs.


Document de l'Université.
Etudiants : Breizh, Cesars, Knightingale, Négus, Rekkared
Maître : Guillaume_de_Jeneffe



Titres de noblesse en France

DUC
Autrefois on ne pouvait porter que le titre qui était attaché à la terre dont on possédait la seigneurie. Comme les fiefs titrés furent longtemps en petit nombre, la plupart des gentilshommes n'avaient que
les qualifications de seigneur, dominus; d'écuyer, armiger; de damoiseau, domicellus; ou la dignité personnelle de chevaliers, miles.

Au XVe siècle, nos rois commencèrent à multiplier les érections de terres en marquisats, comtés ou baronnies.

Le rang des ducs, qui a toujours été le premier en France, le petit nombre de personnes qui sont revêtues de ce titre, et l'espèce d'inviolabilité qui l'a mis à l'abri des usurpations, tels sont les motifs qui nous ont fait, dans le cadre de cet ouvrage, consacrer aux maisons ducales une partie spéciale et exclusive.

On donnait autrefois aux ducs les qualifications de Grandeur et de Monseigneur; mais depuis près d'un siècle, ces qualifications n'étant pas obligatoires, on les appelle simplement monsieur le duc. Le roi les traitait de cousins.

Dans la Grande-Bretagne, où les titres, à l'exception de celui de baronnet, sont exclusivement affectés aux pairies, il n'y a que vingt et un ducs anglais, sept écossais et un irlandais.

En Allemagne, on trouve les ducs d'Anhalt, de Brunswick, de Nassau, les grands-ducs de Bade, de Hesse, de Mecklembourg, tous souverains indépendants, faisant partie de la Confédération germanique.

En Espagne, le titre de duc est généralement affecté à la grandesse; en Italie, il est porté par un certain nombre de familles de la haute noblesse.

En Russie, il n'y a pas de duché; les membres de la famille impériale sont seuls qualifiés grands-ducs.


PRINCE
La qualification de prince, qui se donne en France, comme dénomination générique, à tous les rejetons du sang royal, occupa toujours le second rang comme dignité inhérente à la possession d'une terre, et ne fut affectée à aucun des grands fiefs ni arrière-fiefs immédiats de la couronne; ce qui semblerait même devoir la faire placer après la qualité de comte, si l'usage contraire n'avait prévalu depuis trois siècles.

Il n'y eut jamais de terre érigée régulièrement en principauté par lettres patentes de nos rois. Presque toutes celles qui en reçurent le titre durent cet avantage aux circonstances suivantes:

Le nom de prince était dans l'origine synonyme de celui de sire ou seigneur, comme le prouve Ducange dans son Glossaire, tome V, page 846. Le mot latin princeps, primus caput, dont il est un dérivé, exprimait simplement l'idée de primauté, de prééminence. Nous voyons en effet, dans les chartes du XIème et du XIIème siècle, beaucoup de fiefs, la plupart sans importance et sans étendue, dont les possesseurs prirent indistinctement, et quelquefois simultanément, les qualités de princeps ou de dominus. Ducange en cite un grand nombre d'exemples, auxquels on pourrait en ajouter encore beaucoup d'autres. C'était sans doute un résultat de l'anarchie qui régnait alors, et qui donnait au plus petit vassal la prétention d'être indépendant, de ne reconnaître aucune suprématie, et de s'intituler, comme le faisaient quelques-uns, duc, comte, etc., par la grâce de Dieu. Lorsque le régime féodal se constitua plus régulièrement, l'expression princeps, prince, changea de valeur, et devint une qualification générique exclusivement réservée aux rejetons du sang royal et aux membres des maisons souveraines.

Cependant, plusieurs de ces seigneuries, dont les anciens propriétaires s'étaient appelés princes, passèrent dans les temps modernes sous la domination de familles puissantes, qui relevèrent le
titre de prince, au mépris de son changement d'acception. Le haut rang des usurpateurs leur assura la tolérance, la courtoisie fit le reste.
C'est ainsi qu'il s'établit en France un certain nombre de principautés parmi les fiefs qui formaient le patrimoine de grandes maisons, pour la plupart ducales ou d'origine souveraine.

De nos jours, la question de synonymie des titres de sire et de prince a été soulevée par M. le Marquis d'Asnières-la-Chateigneraye.
Sans doute, puisque les anciens seigneurs de Pons prenaient la qualité de sires, ils auraient pu, à l'exemple de beaucoup de leurs contemporains, se qualifier princeps, princes; mais il faut remarquer:
1ère qu'ils ne l'ont pas fait; 2ème qu'il faut tenir compte de la différence de valeur qu'a épouvée la même expression.

En Angleterre, la qualification de prince n'appartient qu'aux rejetons du sang royal.

En Russie, elle est portée par les familles de la haute noblesse qui se prétendent de race souveraine. Ces maisons ne s'élèvent qu'à soixante environ.

En Allemagne, où il n'y a que quelques duchés, tous souverains, le titre de prince est le titre le plus éminent de la noblesse médiatisée:
l'empereur le confère par diplôme, soit à tous les membres d'une famille, soit à l'aîné seulement dans l'ordre de primogéniture. Le pape, qui donnait autrefois l'investiture à l'empereur, s'est attribué
le droit de faire des princes du Saint-Empire-Romain. Cette dernière épithète les distingue des princes de création allemande.


MARQUIS
Le nom de marquis, en vieux français marchis, a pour racine le mot marchio, employé dans la basse latinité. Il fut donné dans l'origine aux gouverneurs qui commandaient sur les marches ou frontières, et devint héréditaire comme leurs fonctions lorsque le régime féodal s'établit à la faveur de la faiblesse des successeurs de Charlemagne.
Ainsi les anciens ducs de Lorraine prirent souvent le titre de marchis de Loheraine, comme on le voit dans le codicille de Thibaut III de l'an 1312, dans un acte de 1320, et dans le testament du duc de Jehan 1er, de 1377.

Les premiers comtes de Toulouse s'appelèrent quelquefois marquis de Provence; et les ducs de Savoie se qualifièrent toujours de marquis en Italie, marchio in Italia; mais cette qualification était alors d'un usage extrêmement rare. Elle ne devint plus commune qu'a partir de la fin du XVème siècle; c'est depuis ce temps qu'on a entendu par marquisat certains fiefs érigés sous ce titre par lettres patentes de nos rois, soit en considération de quelque service important, soit par finance. Les effets de cette création cessaient par l'extinction de la famille qui l'avait obtenue.

Les noms de marquis et de margrave, (margrave, en allemand margraff, est formé des mots mark, frontière, et graf, comte), malgré leur communauté d'origine, ont acquis peu à peu une signification
différente: le margrave, dans les temps modernes, est un prince allemand qui jouit de toutes les prérogatives attachées à la souveraineté.

Les premiers présidents du parlement de Bretagne étaient dans l'usage de prendre le titre de marquis.

Il y a quelques marquisats en Italie, comme celui de Final; en Pièmont, comme celui de Saluces; ils sont assez nombreux en Espagne; il n'y en pas en Suède, en Pologne, en Danemark.

Le titre de marquis était inusité en Angleterre, lorsqu'il fut donné en 1385, par Richard II, au comte d'Oxford. Il a été attaché depuis successivement à diverses pairies dont le nombre ne s'élève qu'à
trente-sept: dix-neuf pour l'Angleterre, quatre pour l'Écosse et quatorze pour l'Irlande. Aux sept pairies ducales sont aussi attachés des marquisats; car, d'après la hiérarchie établie, pour être créé duc, il faut avoir une pairie au titre de marquis.

Ceux qui prétendent que le titre de marquis était inférieur en France à celui de comte, allèguent en faveur de leur opinion que nos rois n'ont érigé aucun marquisat en pairie. Mais cela s'explique
naturellement: car depuis l'introduction des marquisats en France, toutes les créations de pairies nouvelles ont été faites sous le titre ducal.

On pourrait tirer aussi un argument matériel de la forme de la couronne: celle des ducs est surmontée de huit fleurons; celle des comtes est rehaussée de seize pointes, terminées par une grosse perle; celle des marquis tient de l'une et de l'autre; elle est ornée de fleurons, séparés chacun par trois perles portées sur une même pointe.

Nous devons ajouter que, malgré la supériorité du titre de marquis sur celui de comte, aucun prince de la famille royal ne porta le premier, sans doute parce qu'il n'y eut jamais de fief érigé en marquisat assez considérable pour former l'apanage d'un rejeton de la maison de France. Mais cela ne touche en rien à la question de préséance, car la naissance seule fixe le rang des princes du sang; ainsi les comtes d'Artois et de Provence précédaient, sous Louis XVI, le duc d'Orléans; le prince de Condé précédait le duc de Bourbon.


COMTE
Le nom de comte était connu chez les Romains; mais ce ne fut que sous les derniers empereurs qu'on commença à désigner par ce titre une personne constituée en dignité. Eusèbe dit que Constantin partagea les comtes en trois classes: ceux de la première étaient qualifiés illustres, ceux de la seconde clarissimes ou considérés, et ceux de la troisième très-parfaits. Les derniers avaient certains privilèges; mais les premiers et les seconds composaient seuls le sénat.

A peine le nom de comte devint-il un titre, qu'il fut ambitionné, et qu'en le prodiguant on lui enleva une partie de son prix.

Il y eut des comtes pour le service de terre, pour le service de mer, pour les affaires civiles ou religieuses, pour l'administration des finances et de la justice. Les latins les appelaient comites, du
verbe comitari, accompagner, parce qu'ils formaient la suite du prince.
C'était parmi eux que les empereurs choisissaient leurs généraux d'armée et les gouverneurs de province. En passant à de nouvelles dignités, ils retinrent leur titre primitif; d'où il arriva que ceux
qui leur succédèrent dans ces dignités se firent appeler comtes, quoiqu'ils n'eussent jamais été attachés à la personne de l'empereur.
Les anciens comtes du palais, à Rome, portèrent d'abord le nom de comites et de magistri; ils supprimèrent peu à peu cette dernière qualification. Les ducs n'étaient alors distingués des comtes que par la nature de leurs fonctions: ceux-ci étaient pour l'administration de l'intérieur, ceux-là pour la conduite de la guerre.

Les barbares, en s'établissant dans les Gaules et dans les autres provinces de l'empire d'Occident, n'abolirent pas la forme du gouvernement romain, et conservèrent les titres de comtes et de ducs
que portaient les gouverneurs des provinces et les magistrats des villes. Sous les rois de la seconde race, ces seigneurs, qui avaient été jusque-là amovibles, rendirent leurs fonctions héréditaires. Ils
usurpèrent même la souveraineté des pays et des cités où ils commandaient, lorsque Hugues Capet et le comté de Paris, monta sur le trône. Son autorité n'était pas d'abord assez affermie pour s'opposer à ces usurpations; et c'est de là, dit-on, qu'est venu le privilège qu'ils ont encore de porter une couronne dans leurs armes. Peu à peu les comtes sont rentrés sous l'autorité royale, et leur titre n'a plus été qu'une qualification honorifique, laissée ou concédée par le prince, qui se réservait la juridiction et la souveraineté sur la terre qu'il érigeait en comté.

Les plus anciens comtés sont ceux qui ont été inféodés par nos rois avant le XIème siècle. C'étaient des grands fiefs ou fiefs immédiats, auxquels on a donné le nom de provinces depuis leur réunion
à la couronne. Il n'y avait en France, avant l'usage des érections de terres titrées, aucun duché qui ne fût grand fief; mais il y avait beaucoup de comtés qui ne l'étaient pas: comme ceux de Clermont en Argonne, de Dammartin, de Gien, d'Aumale.

Depuis un siècle, tous ceux qui ont été revêtus du titre de comte n'ont pas eu pour cela des domaines érigés en comté. Le roi accordait ce titre par simples lettres patentes, et de sa pleine volonté.
L'enregistrement de ces lettres, par les cours supérieures, était seul indispensable comme mesure financière, bien plus que comme mesure d'ordre.

En Angleterre, le titre de comte s'éteignait originairement avec celui qui l'avait reçu. Guillaume-le Conquérant le rendit héréditaire, l'annexa à plusieurs provinces, et le donna en récompense à quelques grands de sa cour, auxquels il accorda, pour soutenir leur rang, la troisième partie des deniers des plaidoiries, amendes, confiscations et autres revenus de la couronne, dans toute l'étendue de leur comté.
Cette somme était payée par l'échevin de la province. Les comtes furent depuis créés par chartes; ils n'avaient ni autorité ni revenus dans le comté dont ils portaient le nom; leur titre comtal ne leur valait qu'une pension honoraire sur l'échiquier. C'est aujourd'hui une qualification nobiliaire attachée à un nombre assez considérable de pairies.
L'investiture de cette dignité se fait en Angleterre avec pompe: le roi, tenant les lettres patentes à la main, ceint l'épée à celui qu'il crée comte, lui met le manteau sur l'épaule, le bonnet et la couronne sur la tête, et le nomme consanguineus noster, mon cousin.
Il y a dans la Grande-Bretagne 226 comtes, dont 110 pour la pairie anglaise, 42 pour celle d'Écosse, 74 pour celle d'Irlande.


VICOMTE
Le mot de vicomte, en latin vice-comes, désigne en général celui qui tient la place du comte et qui remplit ses fonctions, qui vices comitis exsequitur.

Quoique le titre de comte fût en usage chez les Romains, et que quelques auteurs comparent les vicomtes à ces commissaires ou députés que l'on appelait legati proconsulum, il est certain que le titre de vicomte n'était pas connu à Rome, et qu'il n'a commencé à être employé qu'en France.

Les comtes des provinces avaient sous eux des comtes des villes; par exemple, le comte de Champagne avait pour pairs les comtes de Joigny, de Rhétel, de Brienne, de Portien, de Grand-Pré, de Roucy et de Braine; quelques écrivains y ajoutent celui de Vertus.

Cependant, il y avait certaines province où le comte avait sous lui, soit dans sa capitale, soit dans les principales villes de son gouvernement, des vicomtes au lieu de comtes particuliers, comme en
Poitou où il y avait quatre vicomtés, qui étaient Thouard, Brosse, Châtellerault et Rochechouart. En Guienne et surtout en Languedoc il existait beaucoup de seigneuries vicomtales.

Les comtes qui avaient le gouvernement des villes, se trouvant chargés tout à la fois du commandement des armées et de l'administration de la justice, et étant, par leur position, beaucoup
plus versés dans l'art militaire que dans la connaissance des lois, se déchargeaient des menues affaires de la justice sur des vicaires ou lieutenants que l'on appelait vicomtes, viguiers (vicarii), et aussi prévôts ou châtelains, selon l'usage des provinces. La première de ces trois dénominations semble avoir été particulièrement affectée à ceux qui exerçaient leurs fonctions dans les villes. Cette classe de lieutenants était beaucoup plus éminente que les deux autres, qui administraient de simples châtellenies ou des seigneuries. Comme les fonctions de comte embrassaient le gouvernement et le commandement militaire ainsi que l'administration de la justice, celles des vicomtes s'étendirent aussi en leur absence aux mêmes objets, et comprirent également dans leur juridiction la ville et tout son territoire.

Le nombre des vicomtes, long-temps fort restreint, s'accrut beaucoup à partir du règne de Charles-le-Chauve; c'étaient en général des cadets de race comtale.

Sous les derniers rois carlovingiens, les ducs et comtes s'étant rendus indépendants et héréditaires dans leurs gouvernements, qui n'étaient auparavant que de simples commissions, les vicomtes imitèrent leur exemple.

Les offices des vicomtes furent inféodés comme ceux des ducs, des comtes, etc.; les uns relevèrent directement du roi, les autres furent sous-inféodés par les comtes.

L'historien du Languedoc, dom Vaissète, place dès le Xème siècle les vicomtes au nombre des grands vassaux de la couronne. Brussel, dans son traité de l'Usage des Fiefs, chap. 1er, P; 692, prétend au contraire que les vicomtés ne furent mis au rang des fiefs de dignité que vers le milieu du XIVème siècle; mais ce jurisconsulte a pris par mégarde l'époque même de le leur décadence pour celle de leur institution; car si ce fut alors que commença l'usage d'ériger par lettres patentes une multitude de simples fiefs en vicomtés, ces nouveaux vicomtes n'eurent, des anciens grands feudataires, que le titre; et il est certain, comme l'observe dom Vaissète, que dès le Xème siècle les vicomtes de Narbonne, d'Albi, de Nismes, de Beziers, de Polignac, jouissaient des droits régaliens dans leurs domaines, et de tous les attributs de la souveraineté.

Dans la Grande-Bretagne, le nombre des vicomtes est de 49 pour les pairies d'Angleterre, de 6 pour celles d'Écosse, et de 44 pour celles d'Irlande.


BARON
Anciennement on entendait en France par barons tous les seigneurs qui relevaient immédiatement du roi; ainsi, ce mot comprenait indistinctement les ducs, marquis, comtes et autres vassaux directs de la couronne, comme on peut le voir par les diplômes et par les autres monuments émanés de l'autorité royale où le prince, s'adressant aux seigneurs de sa cour et de son armée, les appelle ses barons.

Le cartulaire de Philippe-Auguste donne la liste des barons français, au nombre de cinquante-neuf, qui servaient sous ce prince en 1214, et combattirent avec lui à la bataille de Bouvines.

Dans les temps modernes, ce terme a été pris dans une acception beaucoup moins générale, puisqu'il n'est plus que le titre affecté au possesseur d'une baronnie, qui ne prend rang qu'après les ducs, les marquis, les comtes et les vicomtes. C'est le dernier titre de la hiérarchie féodale, quoiqu'il y ait en France et en Allemagne d'anciens barons qui ne voudraient pas le céder à des nobles revêtus des autres qualifications.

Les trois premiers barons de France étaient ceux de Bourbon, de Conty et de Beaujeu, dont les fiefs ont été réunis, il y a plusieurs siècles, à la couronne.

Dans le clergé, il y avait des évêques, des abbés et des prieurs barons, soit qu'anciennement les rois leur eussent accordé ce titre, soit qu'ils possédassent, par leurs libéralités, des baronnies, ou
qu'ils les tinssent en fief de la couronne.

Le chef de la maison de Montmorency prend le titre de premier baron de France, comme le plus ancien et le plus éminent de ceux du duché de France; quelquefois aussi il est qualifié premier baron
chrétien, par corrélation sans doute avec le titre de roi très-chrétien, que porte son suzerain.

La dignité de baron en Allemagne et en Angleterre a subi à peu près les mêmes phases qu'en France. Il y a aujourd'hui dans la Grande-Bretagne 304 pairies revêtues du titre de baron, 25 écossaises et 72 irlandaises.


VIDAME
Les vidames, connus dans la Septimanie dès l'an 828, étaient originairement des officiers qui représentaient les évêques. Ils exerçaient la justice temporelle de ces prélats, de sorte qu'ils étaient à leur égard à peu près ce que les vicomtes étaient pour les comtes, avec cette différence cependant que dans chaque évêché il n'y avait qu'un seul vidame.

On les nommait vidames, vice-domini ou vice-domni, parce que l'évêque était appelé lui-même, par excellence, dominis ou domnus: d'où, en vieux français, on avait fait dom ou dam, qui signifiait
seigneur.

Comme les vicomtes, ils changèrent leurs charges en fiefs, et de simples officiers ils devinrent vassaux de leur évêque. Il est à remarquer que la plupart des vidames ont pris leur nom des villes
épiscopales, quoique leurs seigneuries en fussent souvent fort éloignées, tel que les vidames de Reims, d'Amiens, du Mans, de Chartres.


SIRE
La qualification de sire équivalait primitivement à celle de baron; lorsque cette dernière fut donnée aux gentilshommes qui obtinrent des érections de terre en des baronnies, la qualité de sire prévalut. Elle était prise par les sires de Beaujeu, de Montlhéry, de Coucy, de Bourbon, etc., pour se distinguer des barons inférieurs qui n'étaient point vassaux immédiats de la couronne.

La dénomination de sire, employée devant le nom de fief de cette manière, le sire de Joinville, ou Anseau, sire de Joinville, a toujours exprimé la haute noblesse; mais placée devant le prénom, comme sire Jean, sire Pierre, elle a toujours caractérisé la roture.


CHATELAIN
On appelait seigneur châtelain, castellanus, celui qui possédait un château ou maison-forte munie de tours et fossés, et qui y avait justice avec titre de châtellenie.

Les ducs et les comtes ayant le gouvernement d'un territoire fort étendu préposèrent sous eux, dans les principales bourgades de leur département, des officiers qu'on appela castellani, parce que ces
bourgades étaient autant de forteresses appelées en latin castella.

Les châtelains avaient dans leurs attributions le maintien des sujets dans l'obéissance et l'administration de la justice, qui formait alors un accessoire du gouvernement militaire. Ainsi, ce n'était primitivement que de simples officiers qui usurpèrent dans les temps de troubles la propriété de leur charge, de sorte qu'elle devint un titre de seigneurie et non plus une fonction personnelle, excepté en Auvergne, en Poitou, en Dauphiné et dans le Forez, où les châtelains étaient encore, au commencement de la révolution, de simples officiers.

On nommait châtelains royaux ceux qui relevaient immédiatement de la couronne, à la différence de ceux qui étaient vassaux d'une baronnie ou d'une autre seigneurie titrée. Pour la plupart ils avaient été originairement les simples gardiens de châteaux dont ils reçurent ensuite l'inféodation de nos rois comme récompense de leur fidélité.
Ces châtelains tendant de plus en plus à abuser de leur autorité, Philippe-le-Bel et Philippe-le-Long les destituèrent tous en 1340 et 1346.


CHEVALIER ET ÉCUYER
La dignité de chevalier, en latin miles, était dans l'origine le grade le plus éminent de la noblesse militaire. Il n'y avait pas de récompense plus ambitionnée et plus capable d'animer et de redoubler le
courage des guerriers dans les occasions périlleuses. Cette dignité, toute personnelle et on transmissible héréditairement, se conférait par une espèce d'investiture accompagnée de cérémonies religieuses et d'un serment solennel, excepté en temps de guerre, sur les champs de
bataille.

On rapporte la décadence de cette institution au privilège qu'eurent les prélats et les barons de certaines villes du royaume, comme à Beaucaire et à Limoges, d'anoblir les bourgeois en leur
conférant la ceinture militaire, cérémonie en usage pour armer un chevalier.

Nos rois introduisirent, à la fin du XIVème siècle, l'usage d'anoblir par la chevalerie, et ce ne fut depuis qu'une simple qualification, d'abord caractéristique d'ancienne noblesse, et dans la suite prodiguée aux familles encore trop récente pour pouvoir s'attribuer des titres de dignité.

En Lorraine, les expressions lettres d'anoblissement ou de chevalerie étaient devenues synonymes, car les ducs avaient pris la coutume d'accorder la qualification de chevalier à tous ceux qu'ils élevaient à l'ordre de la noblesse.

On appelait écuyers, armigeri, les gentilshommes qui n'étaient pas encore parvenus à la chevalerie. Ils ne pouvaient porter, au lieu d'éperons dorés et d'habits de velours, que des éperons argentés et des habits de soir.

Le titre d'écuyer et de chevalier était d'abord affecté à la noblesse faisant profession des armes, à l'exclusion de celle qui devait son origine aux grands offices et aux charges de la magistrature


VARLET
La qualité de valet ou varlet était autrefois honorable et synonyme de celle d'écuyer. Les fils des princes eux-mêmes prenaient souvent ce titre. Villebardouin s'en sert pour désigner le fils de l'empereur dans plusieurs passages de sa chronique.

Ducange dit qu'on a appelé valeti les enfants des grands seigneurs qui n'étaient pas chevaliers, et qu'on a donné ce titre à des officiers honoraires, comme les valets-tranchants, les valets-échansons.

Les varlets remplissaient à peu près les mêmes fonctions que les écuyers auprès des chevaliers, et portaient leur écu ou bouclier. Cependant il semble que la condition du varlet se rapprochait plus de
celle du page.


DAMOISEAU
Le titre de damoiseau ou damoisel, en latin domicellus, diminutif de dominus, seigneur, fut, comme ceux d'écuyer et de varlet, porté par les enfants de souverain et de très-grands princes, et réservé en général aux fils de chevaliers. Il est synonyme de donzel, expression usitée jadis en Périgord, en Quercy et dans d'autres provinces méridionales.

Les seigneurs de Commercy prenaient héréditairement la qualité de damoiseau, affectée sans doute à la possession de ce fief. C'était un franc-alleu qui avait conservé de très-beaux droits de souveraineté.


Document de l'Université.
Auteurs : Césars
Maîtres : FrèreNic
Source : http://www.euraldic.com/txt_titres.html


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MessageSujet: Re: [Noblesse] Livre sur la chevalerie & la noblesse   Sam 6 Fév 2010 - 21:16

Le déclin de la Chevalerie et les débuts de l'artillerie


Disparition d’un style de vie.

Aux XVème et XVIème siècles, le déclin de la chevalerie est incontestable. Après des siècles de gloire (depuis la moitié du XIIème) l’épée succombe face à l’artillerie. A partir de ce moment, la militia médièvale cessa d’être une arme efficace pour devenir un mythe.

Les chevaliers et leurs châteaux perdent leur suprématie au profit des artisans et commerçants des villes.


L’importance que prit l’argent dans les relations entre le pouvoir et le combattant fut une des causes qui contribuèrent au déclin de l’art de la chevalerie. Les règles et les idéaux qui jusqu’alors avaient présidé aux nobles actions chevaleresques, et à la discipline de la cavalerie, cédèrent la place à l’intérêt de la solde, la récompense pécuniaire pour des services de guerre qui, au cours du XIVème siècle, étaient déjà effectués au profit de ce que l’on a appelé la « révolution commercial ».

Progressivement, à partir du XIIIème siècle, les cavaliers professionnels ou mercenaires, engagés par les rois, princes ou les cités, prirent de plus en plus d’importance dans le microcosme militaire, profitant de la conjoncture sociale et économique de l’époque et occultant toutes les valeurs qui durant des siècles avaient caractérisé la chevalerie « recrutée » jusqu’alors dans le monde féodal
et la noblesse. La loi du marché, l’offre et la demande, fait son apparition dans le monde de la chevalerie ; idéaux et valeurs deviennent objet de commerce. Cette « révolution » mercantile allait influer en profondeur l’art de la guerre. A partir du XIVème siècle, les conflits se règlent entre Etats et non plus entre Seigneurs. Les budgets sont énormes.

Le coût des équipements et des montures augmentent : un chevalier anglais du milieu du XIIIème siècle devait investir les rentes d’une année entière dans un équipement complet !

Au cours du dernier quart du XIIIème siècle, pour acquérir un cheval, on devait payer l’équivalent de 133 jours de solde.
L’augmentation significative des effectifs de l’infanterie par rapport à la cavalerie aura donc des causes purement financières. A la fin du Moyen Ag, une importante modification se produisit tant dans les modalités du service effectué (avec la généralisation des « contrats de guerre ») que dans les bases juridiques (ius armorum ou droit des armes) et morales qui réglaient les obligations auxquelles étaient soumises les milites.


Vers un nouveau type de guerre.

Les sièges et défenses de place, les « guerres de siège » des XIV et XVème siècles, apportèrent beaucoup de perfectionnements dans l’armement et dans les techniques de construction, entre autres l’apparition, fin XIVème , de plates-formes et de meutrières dans les tours afin d’y mettre en place une artillerie. Ces nouvelles formes de combat se substituèrent aux anciennes stratégie utilisées jusqu’alors par et pour la cavalerie.

Effectivement, à la fin du Moyen-Agede nombreuses villes furent fortifiées ou conçues selon de nouvelles normes (Avignon, Cork, Rothenburh, Nodlingen, ……). Nombre de châteaux ou forteresses (Fougères, Karlstein, Salses, Vincennes) virent se renforcer leurs défenses par de larges fossés et des enceintes à angles divers pour se préserver des tirs d’artillerie.

La défense des châteaux demeura dans la seconde moitié du XVème siècle, une des rares tâches confiés encore aux cavaliers. Les villes comme les châteaux furent fortifiés ainsi que les véhicules et engins pour le transport des troupes . Des éléments de défense et d’attaque virent le jour, comme les Wagenburg (les chariots fortins) utilisés par les Hussites et imaginés par leur grand stratège Ziska. Disposés en cercle ou en carré, liès les uns aux autres par des chaînes et occupés par des hommes à pied armés (2 couleuvriniers, 6 arbalétriers, 2 hommes armés de fléaux, 4 piquiers) ils offraient une résistance infranchissable aux cavaliers leur offrant des pertes importantes. Ces mêmes wagenburg se retrouvent à la fin du XVème siècle dans les armées ottomane, les tabur.

Paradoxalement, ce furent les progrès technologiques du XIIIème siècle en matière d’armement qui devaient contribuer le plus surement à la décadence de la cavalerie et à la din de la guerre « aristocratique » :l’apparition de l‘artillerie (du français « artillier » désignant un ensemble de machine de guerre) et de la poudre (globalement un mélange de salpêtre, de soufre et de carbone végétal). Bien que la première mention de la poudre à canon apparaisse dans un document chinois, le Wuyung zongyao daté de 1044, celle-ci ne fit so apparition en Occident qu’avec l’arrivée des Musulmans. En 1267, Roger Bacon écrit la première formule connue pour la fabriquer. Appelée « neige chinoise » par un botaniste andalou ou « sel de chine » en Perse, le salpêtre (déjà utilisé par les Mogols dans leurs tentatives pour conquérir le Japon en 1274 et 1281) servait principalement à envoyer des flèches incendiaires. A cours du XIIème siècle, les Maures lancent des projectiles remplis de poudre au moyen d’engins comme les catapultes, pierrières, trébuchets et bricoles.

La première représentation d’une pièce d’artillerie à poudre (canon ou bombarde, une arme fabriquée en bronze qui différents textes du XIIIème siècle considèrent comme une invention diabolique) date de 1376, bien que le nom (du grec kanum et du latin canna, tube) apparaisse pour la première fois avant le milieu du siècle (1326) dans un document florentin. Ce nouveau type d’artillerie fut employé pour la première fois par deux chevaliers chrétiens allemands au cours du siège de Cividale (1331) ; les Anglais en firent autant à la bataille de Crécy (1346) et les Français au siège de Cambrai (1340).
Cependant son usage systématique sur le champ de bataille n’intervint que vers 1382 au cours de la bataille de Beberhoutsfeld dans l’affrontement de la ville de Gand à celles de Bruges. Trois années après, le canon fut aussi utilisé par les troues castillanes à la bataille d’Aljubarrota (1385).

Avec le temps, les canons de gros calibre, d’une seule pièce de fer fondu, commencèrent à augmenter de taille, ainsi que les projectiles (pierre, plomb, fer, ….). On leur conféra aussi une certaine personnalité en les baptisant d’un nom propre à semer la terreur : la bombarde appelée De dulle Griet (Margot l’enragée) est visible sur la place du marché de gand et mesure 5m de long, 0,64m de diamètre et son poid et de 16400kg) !

Un progrès significatif fut réalisé avec l’apparition dans la décennie 1460-1470 de l’artillerie sur rue. Elle facilitait et permettait la mise en batterie des pièces.

L’utilisation de la poudre entre les années 1450 et 1550 changea les tactiques militaires de telle façon que l’armée médiévale, jusqu’alors principalement fondés sur la cavalerie, fut progressivement à majorité d’infanterie dotée d’armes à feu permettant de tuer à distance. Et tout comme pour la cavalerie, au XVème siècle, l’artillerie la plus nombreuse et de meilleure qualité fut l’artillerie française.


Du nom des armes à feu au XVème siècle.

En France, au début du XIVème siècle, à l’apparition des premières bouche à feu, on n’utilisait deux termes pour les désigner : canon ou bombarde. Mais au XVème siècle, avec leur multiplication, de nouveaux noms s’imposent : en 1410, la couleuvrine et le veuglaire ; vinrent ensuite les serpentines, crapaudines, courtauds, mortiers, sans oublier l’arrivée plus tard de pièces de plus petits calibres telles que le faucon et le fauconneau. Vers 1470, apparurent les bouches à feu portatives : hacquebutes et arquebuses succèdent aux anciens « bâtons à feu » et couleuvrines à main (en fait, de petits canons portatifs) faisant partie des armes dites « de remparts ».

Dans l’ouvrage « Memorie storiche dell’arte dell’ingeniere y della artigleria en Italia, e degli scrittori militari di quel paese dal 1285 al 1560 », datant de 1882, on trouve un tableau établi entre 1487 et 1492 par l’italien Francesco di Giorgio Martini qui récapitule la taille, la nature et le poids du projectile des pièces d’artillerie de l’époque.

On y remarque que la bombarde mesurait en moyenne de 15 à 20 pieds (1 pied = 0.24 m), lançait des projectiles de pierre pesant 300 livres (1 livre = 0.489 kg) ; le passe-volant mesurait 18 pieds et son projectile de plomb ou de fer pesait 16 livres ;. On y trouve aussi le basilique, de 22 à 25 pieds, et un projectile de bronze ou de fer de 20 livres. Quant à l’arquebuse, elle mesurait 3 ou 4 pieds et son projectile de plomb pesait 6 onces (1 once = 30,6gr).


Document de l'Université.
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Maîtres : Enorig


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MessageSujet: [Noblesse] Qui sont les nobles ?   Sam 13 Fév 2010 - 14:55

Qui sont les nobles ?

Djahen a écrit:
Suite aux dérapages qui reviennent régulièrement sur le tapis, et après m’être entretenu auprès de notre cher censeur, celui-ci m’a fait la remarque qu’il serait nécessaire, -pour éviter d’autres évènements malheureux-, qu’une explication de ce qu’était la noblesse soit proposée à l’intention des joueurs.

Avant toute chose, sachez que le texte de base n’est pas de moi. Il vient du SDEN, site ô combien utile aux joueurs et autres MJs cherchant à améliorer la qualité de leur jeu. Certains passages ont été corrigés par mes soins, mais la grande majorité est restée identique au texte de base.


Voici donc la table des matières :

Citation :
I / Particularités :

La Noblesse a des origines bien particulières, de nombreux avantages et une relative puissance. Ces textes vous permettront de mieux cerner cet ensemble…

A) Une caste guerrière
B) Une caste privilégiée
C) La richesse
D) Nobles des villes, nobles des champs


II / Psychologie de la Noblesse :

Les nobles sont des hommes et des femmes comme les autres... mais ce sont des nobles avant tout. Certaines de leurs réactions sont conditionnées par leur statut, et leur mentalité par rapport à certaines choses est très particulière.

A) Un rang à tenir
B) Le point d’honneur
C) L’intrigue, la cour
D) Le standing
E) L’influence
F) Les subordonnés
G) Le vulgum pecus

I / Particularités :

Une caste guerrière



La création de la noblesse remonte au début du moyen-âge, avec la mise en place du système féodal. Il n’existe pas vraiment de traces écrite de cette période de création, et pour cause : c’était l’époque chaotique et brutale qui suivit les grandes invasions et la chute des derniers vestiges de l’empire romain.

La caste noble a été créée pour protéger la population des troubles incessants et meurtriers qui étaient monnaie courante à l’époque, en échange de quoi la population lui payait des impôts. A moins que ce ne soient des bandes armées de racketteurs qui ne se soient fabriqué une légitimité. Ce qui revient au même finalement.

Il en résulte que la vocation première de la noblesse est la GUERRE. Jusqu’à ce que la conscription soit instaurée, sous la révolution, c’était les nobles qui fournissaient armes, hommes, vivres et argent quand le royaume était en guerre. Autant dire que quand ils étaient en campagne, ils se payaient sur l’habitant et les adversaires. Ça coûte très cher la guerre !

Sous l’ancien régime, les nobles avaient OBLIGATION de répondre à l’appel du roi à la guerre. Sans quoi leur popularité auprès du roi baissait, et avec tous les avantages que confère les bonnes grâces d’un souverain..
La mission originale de la noblesse est donc la guerre. Ainsi, la plupart des nobles ont participé à des campagnes armées, et, sans être forcément endurcis, ont tous un savoir-faire en la matière. Les attitudes en situation de bataille varient d’un noble à l’autre. La plupart font montre de courage, leur honneur l’exigeant, mais souvent les jeunes nobles sont des têtes folles, et sont capables de faire n’importe quoi pourvu que cela ait de l’éclat. Il en résulte un taux de mortalité élevée dans leurs rangs, sans parler des hommes qui auraient pu être épargnés et qui ont été sacrifiés dans des actions inefficaces (désastreuses parfois) et irréfléchies, mais tellement héroïques !

Traditionnellement, les généraux et stratèges d’une armée en campagne sont les membres de la haute noblesse (ducs et pairs). Ils ne sont pas forcément efficaces, mais leur rang l’exige ! Méfiez-vous tout de même avant de provoquer un combat avec un fils de bonne famille ; ils sont entraînés avec les meilleurs maîtres d’armes, et les plus inexpérimentés d’entre eux vous réserveront des surprises...

Une caste privilégiée


Au moyen-âge et sous l’ancien régime la noblesse jouissait d’un certain nombre de privilèges, dont celui de collecter et de percevoir des impôts, de posséder un château, une terre, une armée, le droit de chasser, de posséder des gens en propre (le servage), de faire la justice et de porter des armes et des armures. Il y en avait encore bien d’autres, mais ceux là étaient les principaux. Les nobles en étaient jaloux, mais au cours du temps ceux ci devinrent de plus en plus restreints, du fait du roi notamment, car ces privilèges empiétaient sur son pouvoir et sur la volonté royale générale de centraliser le royaume.

En France, jusqu’au règne de Louis XIV, les nobles étaient une source permanente de soucis pour le roi et le royaume. En effet leur puissance était telle en regard de la puissance royale que le roi lui-même devait composer s’il ne voulait pas de rébellion, événement dévastateur pour son royaume et son autorité. Ce n’est qu’avec l’avènement de la monarchie absolue que les nobles ont cessé d’être une menace, pour devenir de plus en plus décadents.

La richesse


La plupart des nobles sont ruinés. Ils surtaxent leurs paysans pour entretenir leur train fastueux, mais cela suffit rarement, surtout que, ne pouvant souvent pas être physiquement présents sur leurs terres, ils font appel à des intendants pour gérer leurs terres, qui se remplissent joyeusement les poches du fruit du domaine au passage...

Il arrive cependant que des nobles, particulièrement éclairés ou économes, arrivent à avoir de l’argent de côté. C’est rare et ils ont la réputation d’être des radins (même s’ils ne sont juste que raisonnables) parmi leurs pairs. Les banquiers mettent rarement leurs clients nobles au pied du mur, car alors ils perdraient leur nombreuse clientèle et se mettraient en danger. Il est en effet déjà arrivé que le roi décrète simplement et purement l’annulation de ses dettes et celles de sa cour...

Nobles des villes, nobles des champs


Le rapport des nobles avec ses possessions, ses terres et ses gens (entendez ceux qui vivent sur ses terres) variait grandement en fonction de l’éloignement du noble de son domaine. Ainsi ceux qui fuyaient la vie de cour et vivaient sur leurs terres étaient beaucoup plus humains, proches des préoccupations des petites gens et soucieux de leur bien être. Ceux qui vivaient éloignés, ou qui avaient un très grand domaine administré par eux seuls et non par leur vassaux, laissaient la gestion de leur domaine à un intendant, souvent un roturier, qui n’était pas toujours honnête et qui profitait de sa position pour s’enrichir sur le dos des pauvres gens, à l’insu de son maître.

II / Psychologie de la Noblesse :

Un rang à tenir



Les nobles tiennent leur noblesse de leur naissance, et être anobli est tout à fait exceptionnel. Ils considèrent avec raison que leur caste est, avec le clergé (largement noyauté par la noblesse d’ailleurs), un des soutiens les plus sûrs de la société en place. Remettre en question le système nobiliaire, c’est donc dans leur esprit remettre en question l’ordre établi, et la porte ouverte à l’anarchie. Les atteintes que l’on peut faire au système nobiliaire sont nombreuses et invariablement sévèrement punies : manque à l’étiquette, non respect d’un privilège, détérioration d’un bien noble, agression de leur représentants et naturellement agression d’un membre de la noblesse. La justice étant rendue par les nobles ou un représentant de la noblesse, la punition pour de telles transgressions était invariablement la mort...

Les nobles peuvent être très tolérants, mais ils ne sauraient supporter qu’on porte atteinte à leur rang, surtout si les fautifs sont des roturiers !

Le point d’honneur

Les nobles les moins vétilleux ne se permettent aucune liberté avec leur honneur. Un noble peut se permettre d’être ruiné, libertin, injuste, amoral et même de désobéir au roi ; mais il relèvera toujours un affront à son honneur, -d’une manière ou d’une autre-, ou il sera la risée de ses pairs et mis au ban de sa caste. C’est pourquoi il prendra garde en permanence de sauver la face, quel qu’en soit le prix. Les affronts possibles à un l’honneur d’un noble sont nombreux : insultes, coups bas, cocuage, trahison, ridicule en publique... Le seul moyen pour un noble de laver son honneur bafoué est le sang. Aussi les duels sont ils monnaie courante. Cependant tous ne sont pas capables d’affronter la mort en face : ils se contenteront de vouer une haine mortelle à l’offenseur et se vengeront autrement...

Notons quand même que dans la plupart des cas, l’honneur d’un noble n’est sensible qu’à l’affront fait par un de ses pairs. Un roturier impudent a vite fait d’être corrigé, n’est ce pas...

L’intrigue, la cour

Le lieu social de la noblesse est la cour, ou se nouent et dénouent intrigues, alliances, amitiés et inimitiés. La cour peut être la cour d’un grand roi, comme celle d’un potentat local ou d’un grand seigneur. La cour se tient souvent dans un grand palais, ou les nobles qui cherchent la faveur de celui qui tient la cour se réunissent. Souvent les nobles courtisans sont logés sur place ; il en résulte un incroyable pêle-mêle d’intrigues, de complots et des réputations se font et se défont au gré de la faveur de la cour, ainsi que des modes passagères, souvent fixées d’après la personne courtisée. Pas mal de querelles éclatent aussi, qui se terminent souvent dans le sang. Vivre à la cour est ruineux, mais indispensable pour se forger une réputation. La plupart des nobles sont des courtisans accomplis, surtout les jeunes, plus rapides à se plier à la mode...

Le standing

C’est la directe conséquence de la manière dont un noble tient son rang. Plus un noble est titré, plus il devra montrer sa puissance ; en entretenant une cour, en donnant des réceptions, en faisant des folies, en dépensant sans compter, et surtout, surtout, en étant généreux avec ceux qui le flattent. Le résultat pour la plupart des nobles, c’est un endettement incroyable, leur fortune à la merci des banquiers ! Mais quand il s’agit de paraître aux yeux du monde, l’argent ne compte que si peu ! Et tout, dans la vie de cour, n’est il pas qu’une question de façade ? Plus on a l’air riche, plus on sera courtisé, et donc plus on sera influent...

L’influence

L’influence d’un noble est reflétée par son influence à la cour, et par la nature de cette cour. Ainsi un noble d’influence locale sera influent à la cour de Mr le Comte, potentat local, mais aura une influence nulle à la cour royale. Alors que Mr le Comte, lui, aura ses entrées à la cour royale... L’influence est aussi fonction du titre de noblesse détenu, de l’importance des terres et de l’armée du noble. Mais un vieux noble très puissant qui ne vient jamais à la cour royale sera considéré avec amusement (en privé) quand il viendra présenter une requête au roi, tandis qu’un oiseau de cour aura l’oreille des grands même s’il n’est que Baron.

Les subordonnés

Les nobles ont à leur service un grand nombre de subordonnés : majordomes, domestiques, cuisiniers, comptables, valets, bonnes, hommes d’armes, intendants, écuyers, pages, etc... Plus la noblesse est haute, plus l’effort sera fait pour avoir un train domestique important. Hélas tout ce petit monde coûte cher à entretenir, car il faut loger, nourrir, blanchir et fournir des livrées (pour les maisons les plus renommées) à tout ce beau monde. Et il est infamant de passer pour un rapiat...

La domesticité d’une maison noble lui est généralement dévouée, car cette vocation est familiale et c’est souvent depuis plusieurs générations qu’une famille est dédiée à son service. Cependant tout ce monde là est composé avant tout de gens du peuple, très bavards, et source d’information infinie pour qui sait les exploiter. D’ailleurs la noblesse, même dans ses entretiens les plus secrets, fait mine d’ignorer jusqu’à la présence de son personnel, qui a ainsi accès à des informations de première main.

Le vulgum pecus

Comment les nobles traitent-ils avec les gens du peuple, et a plus forte raison, les personnages joueurs roturiers ?

Cela dépend en grande partie de l’orgueil du noble concerné. Les plus orgueilleux ne voudront pas avoir affaire avec des roturiers en dehors de leur domesticité, et laisseront a leurs subordonnés le bon soin de traiter avec eux. Si on a l’audace de s’adresser directement à eux d’une manière ou d’une autre, référerez vous aux chapitres « point d’honneur » et « un rang à tenir ». Notons que si orgueilleux qu’il soit, il tient à la vie, et s’il est obligé de s’adresser lui même à des roturiers il le fera... avec des pincettes bien sur.

Les nobles moins regardants quant à ces questions sont tout à fait capables de cordialité avec des gens du peuple Ils exigeront tout de même un minimum de respect des protocoles et de la politesse. Certains même, particulièrement retors, tiendront à tester les bonnes manières des personnages et gare s’ils manquent à l’étiquette !
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